WORLD WAR Z de Marc Forster (2013)

Rédigé à chaud par Phil.

« Every human being we save is one less we have to fight. »

Jurgen Warmbrunn dans World War Z.

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Sur le papier, World War Z était capable du meilleur comme du pire. Un blockbuster sur une épidémie de zombies (j’ai peur). L’adaptation d’un bouquin de Max Brooks que tout le monde trouve génial (dangereux, les mecs). Brad Pitt en personnage principal (ah ouais, pourquoi pas !). Des zombies qui font des tas d’hommes (non mais c’est quoi cette histoire là ?!?). Je me devais donc d’en avoir le cœur net. N’ayant pas lu l’œuvre de Monsieur Mel Brooks Jr., j’arrivais ce matin-là (ouais je vais au ciné le matin, je fais ce que je veux) dans une salle de ciné complètement vide sans avoir aucune véritable attente.world-war-z-world-war-z-26-06-2013-1-g J’étais simplement animé par l’espoir de passer un bon moment en compagnie de mes zombies chéris, priant pour que World War Z ne me dégoûte pas à tout jamais d’aller au cinéma voir des grosses productions.

Verdict : je l’ai passé mon bon moment ! Mais je sors aussi très frustré de ma séance et ça me fout les boules ! World War Z avait vraiment tout pour être une petite bombe révolutionnaire, pour incarner la cure de jouvence qui pouvait faire tant de bien au genre, comme avait pu le faire à une moindre échelle Zombieland il y a quelques années. Il manque malheureusement quelques ingrédients indispensables pour en faire un vrai bon film de zombies. En quelques mots, je dirais que l’objectif que j’espérais tant a été effleuré sans être atteint. Si proche du but… Quel dommage ! Mais commençons d’abord par le positif.

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Pour la première fois, on est vraiment plongés dans l’aspect global de l’épidémie. En suivant les péripéties de Gerry Lane, cet ex-enquêteur de l’ONU missionné pour trouver la source du virus (et, soit dit en passant, très bien interprété par Brad Pitt), on se fait trimballer des États-Unis au Pays de Galles en passant par la Corée du Sud et Jérusalem. Un vrai petit tour du monde nous permettant de réaliser l’ampleur des dégâts à l’échelle internationale wwz(à la différence de l’échelle individuelle qui prévaut dans la plupart des films de zombies). Vraiment original !

Marc Forster ponctue son voyage d’escales nous offrant des scènes spectaculaires d’attaques massives de morts-vivants. Et quand je dis massives, c’est carrément MASSIVES !! La première scène de panique à Philadelphie pose de bonnes bases et nous présente le virus, chef d’orchestre de la section rythmique de World War Z. Là, on ne rigole pas les mecs : une morsure et, une dizaine de secondes plus tard, l’affaire est pliée. Vous devenez un zombie-sprinter (mes préférés) adorant faire des bonds et avec une forte prédisposition aux sports d’équipe et aux tas d’hommes géants. Ce qui se confirme pendant la scène de ouf’-malade à Jérusalem. TAS D’HOMMES !!!

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Comme la vitesse de propagation du virus, comme la célérité flippante des morts-vivants, l’action du film est déroulée à un rythme soutenu, s’autorisant quelques très brefs temps morts n’altérant pas pour autant la dynamique engendrée dès les premières minutes. On a pas le temps de souffler, on a aucun répit. Et ça, c’est très très bon ! Autre point fort : si World War Z 51d3fade35708c786994d324impressionne par ses attaques de villes à grands renforts d’effets spéciaux, il propose aussi quelques scènes rondement menées que je qualifierai de « classiques ». Exemple : les couloirs mal éclairés d’un laboratoire ; quatre-vingt zombies dans les parages ; un pied de biche, une hache d’incendie et une batte de base-ball comme seules armes… Manque de bol, le truc dont l’humanité a cruellement besoin se trouve au cœur de ce labo. Là, on est en plein dans le jeu Resident Evil ! Souvenirs souvenirs… De l’ambiance bordélique de la cité assaillie de toutes parts, on passe à l’oppressant huit-clos dans lequel le moindre son peut être fatal. Très bien vu à mes yeux.

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Mais comme je vous le disais plus haut, certains fondamentaux manquent à l’appel. Surtout un, en fait : le GORE !! Où a-t-on vu qu’un film de zombies ne montrait pas d’horribles blessures, de bouts de cervelle dégoulinants et de tripes sanguinolentes ? HEIN ?? Si peu d’hémoglobine avec autant de morts-vivants… Du jamais vu ! SKANDAL !! On veut avoir peur, nous ! On veut que ça éclabousse ! Avec ses passages agréablement sombres et ses séquences stressantes plutôt réussies, World War Z était à deux doigts de franchir le cap qui aurait pu le faire passer du statut de « pas mal » à celui de « carrément génial ». Mais ce n’est pas le cas, et c’est en bonne partie dû à ce côté mainstream voulu par l’étiquette « blockbuster ». science-vs-fiction-world-war-z-who-lab-130620-670x440Lorsque notre ami Gerry éclate le crâne d’un zombie au pied de biche et que l’on ne voit rien, ne serait-ce qu’une petite giclée rouge, désolé mais cela tient tout simplement du blasphème ! Saloperie de blockbuster !!

Mais de nos jours, malheureusement, c’est comme ça que ça marche. On investit 170 millions de $$$ dans un film de zombies que l’on veut rentabiliser par tous les moyens, notamment en touchant le plus large public possible. Du coup, voilà : on ne paye pas de coiffeur à Brad Pitt (le pauvre) et le film est interdit aux moins de 13 ans. Ben ça se sent, les mecs. Ça se sent trop, même. Ajoutez à cela les ficelles caractéristiques des grosses productions américaines – à base de personnages parfois trop débiles, de morts stupides et de sacrifices inutiles sortis de nulle part – et vous obtenez les gros défauts qui font finalement de World War Z un film plutôt moyen malgré sa bonne volonté.

Le magazine Glamour nous annonçait il y a quelques mois que le phénomène « zombie » était has been. Aujourd’hui, World War Z prouve que c’est faux, certes, mais il se bride lui-même et n’ose pas aller assez loin pour calmer tout le monde.

Ses hallucinantes déferlantes de morts-vivants lui avaient pourtant ouvert l’autoroute du grand film de genre. Dommage que World War Z ait préféré emprunter la départementale du blockbuster de base…

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Bande annonce

Pour en savoir plus sur World War Z, sautez ICI.

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11 thoughts on “WORLD WAR Z de Marc Forster (2013)

  1. bro dit :

    Le film m’intéressait jusqu’à la partie ou tu pointes le manque de gore! C’est vrai que ça fait tache.

  2. Anonyme dit :

    Apparemment, d’après ce que j’ai lu, les scènes gores ont été coupés pour la projection en salle, mais seront présentes sur le format DVD…débile, mais plus rentable afin de pouvoir aller au ciné avec sa petite famille, sans que les mioches en sortent traumatisés.

    • Phil dit :

      C’est logique en ce qui concerne la rentabilité. En même temps, c’est chouette d’être traumatisé. J’en ai de bons souvenirs moi en tout cas ! ;). Hâte de voir à quoi ressemblent les scènes gores de WWZ !

  3. A tous les vampires assoiffés de sang,

    Il est bon parfois, même lorsqu’il s’agit d’un impératif commercial, de déjouer les attentes du spectateur rompu à un genre donné. Le film de zombies doit être sanglant. Le film de zombies doit montrer des macchabées en décomposition se traîner dans les rues comme des évadés de la maison de retraite voisine. Les zombies ne meurent que d’une balle dans la tête. Fort bien. Mais, contrairement à ce que laisse entendre le titre ici, sont-ce vraiment des zombies ? Infectés réanimés post-mortem devrait-on plutôt dire, dont les aptitudes sont bien éloignées des descritpions du livre. A ces réserves près, j’embraye volontiers l’ensemble du propos.

  4. Phil dit :

    J’avoue tout, je suis assoiffé de sang ! 😉 En soulignant cet aspect, je voulais surtout mettre en avant le fait que le film était trop lisse. J’aurais aimé qu’il soit plus dur, j’aurais aimé être plus dérangé…

    • Passé une certaine somme investie, les studios manquent cruellement d’audace. Le film vaut principalement pour son scénario assez imaginatif (voire rocambolesque si on considère la résolution de l’énigme épidémique) qui s’éloigne d’une transposition littérale du bouquin, ses variations d’ambiance, le traitement assez juste des personnages et des visuels assez réussis (l’invasion grouillante rappelant les hordes sauvages insectoïdes de « starship troopers »). C’est déjà beaucoup plus que ce que proposent la plupart des blockbusters.

  5. Ramel dit :

    Oui, et trop de géopolitique. Si ça se veut global à l’échelle planétaire pourquoi ça se deroule que chez les potes?
    Pour ce qui est du zombie je pense qu’il FAUT se permettre de le réinventer, pas le laisser trop s’encroûter dans une interprétation.

  6. Lezéromasqué dit :

    Mort débile certes, mais tellement drôle (et méritée le perso réussissant à se rendre insupportable en 30 secondes). Par contre sacrifice inutile dans le film je vois pas trop. Mais il faut dire que les personnages secondaires ont un passage tellement rapide que j’en ai peut etre manqué un 🙂
    Sinon, d’accord avec tout 😀

    • Phil dit :

      Je pensais surtout à ce que fait l’ami Brad à la fin, avec sa seringue… Un poil too much à mon goût.
      Sinon, c’est vrai qu’elle est méritée cette mort débile, et finalement surprenante. 😉

      • Lezéromasqué dit :

        C’est quand même un sacrifice en carton puisqu’au final il sert pas de diners à nos amis mort-vivants. Je dois dire qu’une fin alternative où son stratagème se viande complètement m’aurait fait beaucoup rire 😀

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