TOTAL RECALL de Paul Verhoeven (1990)

Proposé par Jeanba, rédigé par Phil.

“Sorry, Quaid. Your whole life is just a dream.”

Lori, Total Recall.

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Si tu n’aimes pas les bastons léthales, la S.F. subversive d’anticipation comme l’affectionne notre ami Paulo, les gros méchants débiles, les explosions totalement gratuites, les mutants pas beaux, les prostiputes martiennes à trois nibards, les répliques “plus bas-du-front tu meurs”, les happy ends grossiers ni les films avec ce bon vieux Arnold “el Governador” Schwarzenegger tout en muscles stéroïdés et en burnes tonyglandées, alors passe ton chemin, amigo, totalrecall01-640x420parce qu’avec Total Recall, tout ça risque fort de t’éclabousser !

Avec 77 morts au compteur, Total Recall peut effectivement être considéré comme un film “violent”. Bon après, moi je trouve que c’est de la violence de divertissement et ça me fait beaucoup rire, mais ce n’est que mon point de vue. En revanche, je suis tout-à-fait capable de comprendre les âmes sensibles outrées par tous ces craquements de cervicales, ces cadavres d’innocents servant de bouclier humain, ces fusillades et ces arrachages de bras plus ou moins accidentels. Alors ok, en plus à un moment, y’a le méchant qui tue un animal (mais c’est un rat, ça va) et Arnold met un énorme direct du gauche pile dans la tronche de Sharon Stone et ça, c’est mal. SKANDAL ! Mais je tiens tout de même à vous rappeler que pendant que Jack déflorait Rose à l’arrière d’une voiture en écoutant My Heart Will Go On de Céline Dion, 307 passagers du Titanic (dans le film, parce que sinon c’est environ quatre fois plus) perdaient la vie et se transformaient en glaçons dans l’indifférence générale. Je dis ça, je dis rien…

Total recall (1990) - Paul Verhoeven - 01

Après, Total Recall ce n’est pas qu’un film d’action. Comme je l’avais déjà dit pour Starship Troopers il y a quelques mois, c’est un “film d’anticipaction” (ouais j’aime bien mon néologisme, alors je l’utilise encore… je fais ce que je veux). Adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick (comme Blade Runner et Minority Report (2002) pour ne citer que ces films), il nous entraîne dans un futur où l’Homme a colonisé la planète Mars et où il est possible d’aller passer des vacances à faire du hula hoop avec les anneaux de Saturne. MSDTORE EC010Dans ce futur, on est aussi capable de faire mumuse avec le cerveau humain et, par exemple, d’implanter de faux souvenirs dans la tête des pauvres qui n’ont pas assez de pognon pour se payer de vraies vacances. Et ouais, on arrête pas le progrès ! C’est ce que s’empresse de faire notre héros Douglas Quaid, gros tas de muscles virtuose du marteau-piqueur, en allant faire un tour à la société Rekall pour s’offrir le souvenir d’un séjour sur Mars pour lequel il aura en plus une nouvelle identité : celle d’un agent secret. Et hop ! Tous les ingrédients sont désormais réunis pour que ça parte en live !

Vraie ou fausse identité ? Gentil ou méchant ? Rêve ou réalité ? Tu préfères les brunes ou les blondes ? Ca y est, c’est le bordel dans la tête de Quaid et ça va durer jusqu’à la fin du film. Des gros méchants débiles qui tirent n’importe comment se mettent à le poursuivre sans qu’il ne comprenne pourquoi et lui, il aimerait bien comprendre pourquoi parce que ça commence à bien faire tous ces gens qui lui tirent dessus, non mais OH !! Tout ça l’amène finalement sur Mars où règne une situation au moins aussi bordélique que ce qui se passe dans sa petite tête : lutte des classes futuriste, mutants médiums pas beaux, révolution, attentats, répression fasciste… La grosse marrade, quoi ! Heureusement qu’il y a la nana aux trois nibards pour détendre un peu l’atmosphère (humour… je vous rappelle que nous sommes sur Mars…) parce que sinon je pense que, comme l’aurait dit l’ami Jeanba, le pauvre petit Douglas serait grave parti en carafe…

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Et voilà donc que pendant pas loin de deux heures, tandis que Schwarzy essaie de tout démêler dans sa tête et de savoir ce qu’il vient foutre sur Mars, tout le monde se flingue dans une ambiance fun et décontractée. Les deux actrices du film se prennent pour Bruce Lee et Chuck Norris dans La Fureur du Dragon (1972). Les taxis explosent après avoir percuté un mur à vitesse réduite. Les gens se font aspirer tout crus à cause d’une fenêtre mal fermée. Une prostituée naine en bas résille joue du pistolet-mitrailleur mieux que John Rambo. J’en passe et des meilleures… Déroulée au rythme soutenu de longues scènes d’action ne nous laissant aucun répit, l’intrigue (si si, y’en a une !) se dénoue petit à petit jusqu’à ce final rempli de clichés plus débiles et risibles les uns que les autres : un grand méchant qui parle beaucoup trop avant de mourir dans d’atroces souffrances, un gentil trop balèze qui sauve toute la planète et qui emballe sa nana en contre-jour et un ciel bleu sur Mars. total-recall4Enfin bref, on vient d’en prendre plein les mirettes pour pas un rond et c’est ça qui est bon !

Avec Total Recall, on est donc en présence d’un pur film d’action qui balance grave sa maman, ultra-rythmé, sans prétention ni retenue aucune et porteur malgré tout de réflexions intéressantes sur la colonisation spatiale, le pouvoir, les injustices sociales et les dérives de la technologie. Ce qui est tout de même plutôt pas mal pour un pur film d’action qui balance grave sa maman… Voilà ce qui explique pourquoi Total R­­ecall est devenu une référence en matière d’action-SF, un film culte pour toute une génération.

Le genre de divertissement qu’on savait faire il y a 25 ans et dans lequel il est bon de se replonger à l’occasion, ne serait-ce que pour cette petite pointe de nostalgie qui viendra forcément vous chatouiller à un moment ou à un autre.

Le genre de divertissement qui me manque beaucoup, je dois bien l’avouer…

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Bande-annonce

Pour en savoir plus sur Total Recall, c’est par ICI.

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