TOP GUN de Tony Scott (1986)

Agression de Phil (et un peu vous), réaction de Jeanba.

« À nous l’ivresse, l’ivresse de la vitesse ! »

Maverick, Top Gun.

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Les choses changent. Il fut un temps où le Projet Skynet c’était l’envie de faire découvrir à l’autre un film choisi pour certaines qualités, que l’autre avait soin de découvrir et d’analyser. Aaah, le temps béni de l’insouciance et de la confiance aveugle dans les choix du co-blogueur. Que dis-je, du co-blogueur ? De l’ami !!! Du frère d’arme qui sera toujours à vos côtés dans la bataille !! Mais jamais au grand jamais celui qui mettra du sable dans les turbines de votre réacteur pour voir si vous allez exploser en plein vol, victime innocente sacrifiée aux yeux de tous dans les derniers rayons d’une amitié mourante.

Voilà dans les grands lignes ce qui m’est passé par la tête l’espace d’un instant, lorsque fier de sa connerie, sourire en coin et l’œil pétillant, l’ami Phil m’annonça le choix de Top Gun pour ma prochaine chronique. Ne vous cachez pas derrière votre écran, je sais que vous y êtes tous un peu pour quelque chose.

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Mais passée cette brève désillusion quant aux bonnes intentions des gens qui m’entourent, l’esprit refait et le cœur vaillant, je me suis positionné neutre et placide face à cette œuvre, essayant d’oublier le souvenir du premier visionnage. Car il faut bien avouer que ce film baigne encore et toujours dans une aura de kitch à l’américaine, ce je ne sais quoi qui en fait trop, ce petit quelque chose qui vous empêche de plonger totalement dans cette déchirante histoire d’amour et d’amitié propulsée par les moteurs d’un Tomcat surboosté.

Allons du nerf, regardons ça ensemble ! Le générique nous promet du grand et du viril. Ah ! Ça va me plaire ! Des beaux avions qui atterrissent avec rage sur le pont d’un navire en haute mer, des pilotes complètement foufous qui frôlent la mort avec une nonchalance à la James Dean, le sourire canaille et la vanne facile. Des loopings, des vrilles, des saltos piqués, des retournés acrobatiques, des trucs qu’on comprend même pas… Wouah ! C’est qui l’patron, hein ? Ben c’est ce bon Maverick, bien sûr. Ici on se bat contre les méchants MiG-28, dont on ne connaitra d’ailleurs jamais la nationalité, mais on s’en fout parce que tout ce qu’on veut savoir c’est que même s’ils sont très, très forts, ce bon Maverick les mettra toujours à l’amende, photo à l’appui. On s’en fout surtout parce que tout ça n’est qu’un prétexte pour lancer la « légende » de ce pilote hors norme. Légende qui n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour nous amener dans l’école de l’élite, Top Gun, elle-même prétexte à une romance non autorisée apportant son lot de moments déchirants, faisant écho aux moments encore plus déchirants de la dure vie de pilote. Tout ceci étant surtout un prétexte pour faire la promotion dans nos salles de cinéma de ces somptueux slips taille haute des 80’s.

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Oui, parce qu’il faut bien vous avouer que je n’ai pas vraiment compris quoi retenir de tout ce que Tony Scott a essayé de m’expliquer. Vous sentez que mon discours est un peu orienté ? C’est sûrement vrai. Mais vous y croyez vraiment, vous, à cette histoire d’amour fondée sur des plans drague aussi légers qu’un Boeing ? Je vous promets que si vous montez une chorale de mauvais chanteurs déguisés en pilotes pour littéralement agresser une fille avec vos braillements, et qu’en plus vous avez la bonne idée de la suivre aux toilettes des dames pour taper la causette, le résultat risque de vous décevoir. Apparemment là non, tout va bien, la dame est sous le charme, sûrement fascinée par la dent physio-centrée de ce cher Tom Cruise.

top-gun-1986-07-gNe blâmons pas trop le bonhomme, car malgré ses airs de dur à cuir le garçon a un grand cœur tout mou. Fils d’un héros de guerre mort au combat, Maverick se bat en permanence contre ses fantômes personnels, se mettant perpétuellement en danger. Seul son génie du pilotage et son meilleur ami Goose (notez la condescendance du surnom) seront capable de le sauver. Du moins au début. Car lorsque ce fidèle co-pilote finira lamentablement étalé sur la vitre de son cockpit et que Meg Ryan sanglotera à chaudes larmes, qu’adviendra-t-il de Maverick ?! Ah ben on se le demande justement !

val-kilmer-top-gun-iceLa mort rode autour de lui. Et la rivalité oppressante qu’il subit (du terrain de volley jusque dans les vestiaires) de la part de Val « Iceman » Kilmer, n’est pas pour lui permettre de remettre les pieds sur Terre (et BOUM, un jeu de mot aérien !). Tout, autour de lui, s’assombrit, et la confiance qu’il avait en lui commence à gentiment prendre un coup dans l’aile (et BIM, un deuxième jeu de mot aérien !). Maverick s’enfonce dans la déprime, se fait larguer par sa meuf et s’étourdit au bar à grands coups de pintes d’eau glacée. Chienne de vie !

Esseulé et plus très sûr d’aimer traîner dans les douches, Maverick se voit pourtant encore confier une dernière mission : l’armée réclame son génie pour défendre ses intérêts à l’autre bout du monde. Retour dans l’Océan Indien (on n’avait plus de budget pour les décors) pour aller combattre les MiG sans foi ni loi, et toujours sans pays. Cependant, l’envie n’y est plus. Tout ça c’était fun quand, à l’époque, on renversait du café partout en faisant du rase-motte avec son copain, mais là, vraiment, c’est plus pareil…

Je ne voudrais pas vous gâcher le suspense de la fin, je peux juste dire qu’on entend des « Youpi !», des « Hourra !», des « Comment il est trop fort !», des « C’est à qui cette jolie petite serviette ? » et que tout est toujours plus beau filmé en contre-jour d’un coucher de soleil. Poésie d’ombres chinoises en avant du brasier incandescent de la fureur de ces braves guerriers ailés (c’est mon texte, je vous demande pas votre avis.) Rien après ce film ne sera plus pareil, à part si comme moi vous n’y voyez aucun intérêt. Hormis bien sûr le fait de faire des bonnes vannes entre potes devant votre écran ou alors d’étudier l’ambigüité sexuelle qui règne dans le corps de l’armée de l’air américaine à cette époque…

Fausse bande-annonce

Fausse bande-annonce

 

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One thought on “TOP GUN de Tony Scott (1986)

  1. Le projet Skynet nous la met en plein dans le culte cette fois-ci : tous ces beaux mâles bronzés aux commandes d’engins aux formes oblongues et au manche à balai bien raide. Sans doute un des films préférés de Roland Emmerich qui a recyclé le côté queer sur sa « Moon 44 ».

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