THE THING de John Carpenter (1982)

Choisi par Phil, rédigé par Jeanba.

– The Thing : Rôoooaaarrr….

– MacReady : Yeah, fuck you too!

MacReady et la Chose, The Thing.

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Il y a parfois des températures à vous faire rester à la maison bien au chaud, tranquillement installé face à la TV, avec maman qui aspire bruyamment son thé. On est bien, là, hein maman ? Faux, arrête de rêver. Il y a parfois des températures qui prouvent que t’es en Antarctique au sein d’une équipe de douze bonhommes qui boivent pas que du thé. Et surtout que ta vie va être beaucoup moins tranquille lorsque des Norvégiens déchaînés viendront chasser un chien à coup de grenades jusque devant ta porte. Notez au passage que si vous aviez su parler le roll-mop, vous auriez compris l’avertissement de ce type (qui spoile tout le film l’enfoiré !), et vous auriez, vous aussi, aidé à dynamiter le cabot. Mais vous êtes une buse en langues étrangères, alors tant pis pour vous. Allez, range le puzzle maman, ça va être sanglant !

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1982 étant décidément une très bonne année, John Carpenter décide de sortir à ce moment-là un remake qui assiéra définitivement sa réputation aux yeux du grand public. Ça va la réputation, t’es bien assise ? Bon, alors on continue. Le film n’hésite pas à désigner immédiatement l’objet du suspense, à nous le montrer du doigt et même à nous le dévoiler à l’écran très rapidement. Mais cette mise en lumière nous permet surtout de voir que nous n’y entendons rien et que la terreur vient de l’ignorance. Montrer une “chose” tout en soulignant son mystère, il ne pouvait y avoir meilleur titre que The Thing.

Pas de bon Carpenter sans un bon Kurt Russel, et c’est armé de bâtons de dynamite que l’homme, affublé d’un chapeau plus what the fuck que celui de Pharrell Williams himself, va régler les doutes et suspicions naissantes au sein de l’équipe. La chose apparaît être un parasite métamorphe, capable d’imiter à la perfection son hôte. Autant vous dire que très vite tout le monde trouve que son voisin a un petit quelque chose dans le regard qui dérange. Ce je ne sais quoi qui vous fait sursauter dès qu’un copain fait un pet de travers.

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Chef de meute contesté mais légitimé par la force, le héros chapeauté va traquer les individus contaminés par tous les moyens possibles, jusqu’à faire passer des tests sanguins sous la menace d’un lance-flamme. Si vous cherchiez un moyen de faire augmenter les dons du sang en France, Kurt se fera un plaisir d’aider à motiver les donneurs. Il se fera aussi un plaisir d’éradiquer complètement un sujet malade. Car c’est un peu là son souci au jeune homme : il n’hésite pas à pulvériser n’importe quel organisme lui paraissant louche. Et comme le bonhomme est pilote d’hélico à la base (et pas docteur, hein), il lui arrive de tirer sur un peu tout le monde. Dans le doute, il ne prend pas de risque… Et puis il n’avait jamais vraiment bien aimé sa gueule à celui-là de toute façon.

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Plus que de violence gratuite sensée rythmer un film court mais intense, il s’agit là de conséquences logiques qui viennent appuyer un discours sur la montée de la terreur et de la suspicion au sein d’un groupe. Les problématiques, hormis celle de pourquoi E.T. semble être le seul type sympa de la galaxie, sont ici sur la cohésion d’un groupe gangréné par un ennemi intérieur et invisible. Comment lutter en équipe, lorsque son principal caractère, la confiance, n’existe plus ? Est-il légitime de prendre le contrôle d’une situation par la force en période de crise ? Ou bien encore, vaut-il mieux assurer un petit sacrifice que risquer un grand désastre ?

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C’est qu’il en dit des choses, Carpenter. De manière parfois très subtile, la vie et l’organisation de cette équipe de scientifiques à la déroute nous invitent à regarder bien plus loin encore que le simple film d’horreur. Il montre, sous les traits d’un Kurt Russell légèrement mégalo, que sans maitrise de la peur il n’y aura pas la possibilité de vaincre son ennemi, et que la solution passe par la cohésion du groupe.

Car la première force de la Chose est d’instaurer la méfiance dans le cœur des hommes par le biais de la peur. Et c’est peut-être ce qui est le plus dangereux…

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bande-annonce

La fiche complète du film.

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One thought on “THE THING de John Carpenter (1982)

  1. La grande peur paranoïaque de l’Est transposée par une horreur protéiforme dans les années 80, ça donne un des meilleurs Carpenter, pris dans la glace sur un air de Morricone. Cette ouverture avec le chien cherchant à échapper au tir nourri de ses poursuivants est une entrée en matière qui reste longtemps en mémoire. Bien sûr, il existe de bons Carpenter, même sans Kurt Russel, mais il faut admettre que sur ce coup-là, on peut lui tirer notre chapeau.

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