THE DARK KNIGHT de Christopher Nolan (2008)

Choisi par Phil, rédigé par Jeanba

« Ce qui ne me tue pas me rend plus… bizarre »

Le Joker, The Dark Knight.

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Joker,

Je suis sorti combattre le crime pour m’aérer, dormir la tête en bas me donne la migraine. Pense à te démaquiller avant de te coucher, tu sais comme Alfred déteste devoir changer les draps trop souvent.

Bisou, Batman.

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Oui The Dark Knight est une love story. Enfin une histoire de couple(s). Imbriquée dans la grande histoire qu’est ce film, il y a cette multitude de duos qui s’entrecroisent et se mélangent. Chacun occupant tour à tour le côté clair ou obscur, comme sur la fameuse pièce de Double Face. Il y a des histoires d’amour, des histoires d’ennemis, des couples liés par des idéaux… Bref, des passions.

MV5BMTgzODgwNDc3N15BMl5BanBnXkFtZTcwNTkzMTk2Mw@@._V1__SX640_SY720_Malgré les grosses ficelles et les côtés risibles de ce blockbuster (sans déconner Batman, tu veux pas sucer un Ricola ? Tu fais peur aux gosses avec ta voix sortie du mixeur), le film de Christopher Nolan nous entraîne tout de même avec lui. Il y avait beaucoup de chances de créer une énième suite caricaturale et masquant le manque de fond par des explosions. Mais pas là. Ok, les boum-boum sont là et tout est fait pour éblouir l’ado playstationnisé et blasé en manque de sensations. Mais la force de ce Batman en particulier, c’est la densité et l’ambigüité apportée aux personnages, quels qu’ils soient.

« Tu veux savoir d’où viennent ces cicatrices ?  Mon père a un jour voulu m’apprendre l’art du rasage… le pauvre homme était parkinsonien »

the-dark-knight-1Batman est, pour la première fois dans mon souvenir, descendu de son piédestal pour se retrouver au niveau (parfois même en dessous) de son plus emblématique ennemi : le Joker. Il s’en fallait de peu pour que le film s’appelle The Joker, tant le personnage prend le pas sur tout le reste du bestiaire. Tu dessines un personnage de nihiliste surdoué, tu rajoutes une interprétation démesurée d’Heath Ledger, et BOOM ! Tu obtiens LE méchant le plus cool de la décennie. Autant on nous avait habitués à des salauds attachants et carnavalesques dans les précédentes versions, autant là, le mal prend toute sa dimension psychologique. Pour une fois, le mal n’a pas prévu de plan et c’est là que le justicier va en perdre son latin. Comment poursuivre un mec qui ne sait pas où il va, qui ne désire rien en particulier, pas même l’argent ? La seule chose qui semble certaine, c’est que le bonhomme aime le chaos et s’en donne les moyens.

« Tu veux savoir d’où viennent ces cicatrices ? Étant petit, mon seul ami était un chien nommé Jack. Il a toujours su mieux que moi rattraper le frisbee.»

Avec un simple sourire, vous pouvez obtenir beaucoup. Alors imaginez ce que vous pourriez faire avec celui-là ! Vous pourriez à coup sûr obtenir tout Gotham City, et même rallier le type le plus intègre à vos charmes maléfiques. Et encore une fois, c’est ce point qui séduit le plus dans The Dark Knight : le point de rupture. A croire que dans cet épisode, tous les personnages ont décidé de craquer, de vriller, de s’enfoncer gentiment dans le doute et la folie. Bravo mon Joker ! Tu confirmes bien que la connerie c’est contagieux.

« Tu veux savoir d’où viennent ces cicatrices ?  Ma passion pour les Mister Freeze aurait dû s’arrêter à moins de 10 par jour.»

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Le vrai méchant de l’histoire finalement est peut-être Batman lui-même. C’est quand même juste l’histoire d’un type (le Joker) qui aime les tours de magie et cherche un copain avec qui jouer. Alors voilà, il se sent délaissé et essaie d’attirer un peu l’attention sur lui. Pauvre pépère, obligé de se déguiser en clown ou en infirmière pour que quelqu’un vienne enfin s’amuser à la bagarre avec lui. Alors maintenant Bruce Wayne (oui ça va, on sait tous qui tu es), tu remets ton costume, t’arrêtes de bouder et tu vas faire carnaval comme tout le monde.

« Tu veux savoir d’où viennent ces cicatrices ? Tu peux faire une gâterie à Hulk, mais ne l’énerve pas.»

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Malgré une grande tendresse (oui je suis tendre) pour Batman Begins (2005) – qui osait la rupture en mettant en lumière la noirceur du justicier – le deuxième volet est encore mieux écrit et plus imprégnant. Enfin une réelle densité dans ce qui reste un divertissement. Suffisamment riche en détails, pour faire aussi bien marcher l’imaginaire psychologique que le visuel. Sans parler de grand film (j’ai dit non ! Ca suffit les geeks !), on passe tout de même un très bon moment à en prendre plein la gueule et à s’ébahir de n’avoir pas si souvent croisé ce genre de génial salaud extrémiste.

Dans le fond The Dark Night, c’est pas une love story, c’est un buddy movie. L’histoire d’un gosse hyperactif qui cherche un copain pour jouer et se déguiser avec lui.

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6 thoughts on “THE DARK KNIGHT de Christopher Nolan (2008)

  1. Lezéromasqué dit :

    La plus belle histoire d’amitié raté du cinéma en somme !
    Mais sinon moi j’aime bien la voix de Batman/Christian comme ça. ^^ Christian si tu m’entends, surtout ne change rien, tu es parfait 😉

    • Jeanba dit :

      Effectivement je ne devrai pas m’attaquer à Bale, mais quand même, quand on imagine sa voix dans Batman collé sur sa danse comico-meurtrière dans American Psycho…. je veux ce remix !!!

      • Lezéromasqué dit :

        effectivement ça peut être sympathique (en même temps, je suis pas objective, concernant Christian je trouve tout génial) – un projet pour les fêtes? 😉

  2. Si Jean-Ba, désolé de te contredire, mais c’est un très grand film. Génialement pervers dans le sens où, justement, le méchant gagne à la fin. Parce qu’il a un plan. Celui de pulvériser la fragilité d’une démocratie de parade qui accepte qu’un type déguisé en chauve-souris agissent à leurs places. La scène de la prise d’assaut du convoi dans le tunnel me fait, à chaque fois, trembler. Quel dommage que Nolan se soit auto-sabordé dans l’opus suivant 🙂

    • Jeanba dit :

      Je sais, je sais Jeoffroy. Cet opus est considéré comme un grand film par bon nombre de gens (comme d’ailleurs Phil, mon co-blogueur…shhhuuut il va nous entendre). Mais je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose dans The Dark Knight qui m’empêche de plonger totalement.
      Quand même, la voix de Batman t’as jamais donné envie de sourire ?

      • Plus dans le premier opus, en ce qui me concerne, même si ta vanne dans l’article m’a fait beaucoup rire. Je ne sais pas ce qui t’empêche de plonger dans ce film totalement. Peut-être son manque d’humour ? Pour moi cet opus c’est la rencontre cinématographique entre Seven et Heat.
        Après, je connais aussi des personnes de mon entourage qui n’ont pas aimé le film pour l’avoir vu après sa triomphale sortie (et la vague élogieuse de critiques qui l’accompagnait, sans parler de tout le drame autour de Heath Ledger) et qui ont fait la fine bouche. Depuis, je ne leur parle plus… du film ni de cinéma 😉

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