THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen (1998)

Judicieusement choisi par Jeanba, rédigé par Phil.

« Walter, I love you, but sooner or later, you’re gonna have to face the fact you’re a goddamn moron. »

The Dude dans The Big Lebowski.

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A l’heure où j’écris ces quelques lignes, nous sommes le 1er mai, Fête du Travail et donc jour férié pour (presque) tout le monde. La plupart d’entre vous auront certainement rendu hommage aux grands mouvements ouvriers et sociaux ainsi qu’aux revendications syndicales du monde entier en se prenant une grosse biture la veille avant d’enchaîner sur une grasse mat’ bien méritée et une journée à ne strictement rien faire. Ma foi, c’est tout-à-fait légitime, et c’est surtout vachement mieux que d’aller défiler devant la statue de Jeanne D’Arc avec force drapeaux bleu-blanc-rouge et autres estampilles du Sacré Cœur… Mais bon, chacun fait (presque) ce qu’il veut, et moi le premier.

- "What the fuck is this ?" - "Obviously, you're not a golfer."

– « What the fuck is this ? »
– « Obviously, you’re not a golfer. »

Le destin aura donc voulu que je me retrouve à écrire une chronique sur l’histoire du Roi de la glande, j’ai nommé the Dude, le jour de la Fête du Travail. Simple coïncidence ? Je ne crois pas… Je soupçonne d’ailleurs l’ami Jeanba d’avoir tout manigancé après une étude minutieuse de l’agenda du Projet Skynet… Un petit malin ce Jeanba ! Mais trève de divagations. Revenons à nos moutons et à The Big Lebowski, film que je considère comme étant peut-être la meilleure comédie américaine de tous les temps.

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« … you’re entering a world of pain. »

Généralement, lorsque l’on associe les mots “comédie” et “américaine”, on imagine immédiatement un puceau de Terminale en train de se reproduire avec un pamplemousse, une chaussette et/ou une tarte aux pommes. Mais loin de moi l’idée de jeter la pierre sur ce genre d’humour en-dessous de la ceinture et ouvertement débile dont raffolent nos amis outre-Atlantique. Je n’ai pas honte de dire que je me suis carrément marré devant American Pie (1999), mais il faut bien avouer qu’après American Pie 2 (2001), American Wedding (2003) et American Reunion (2012), ça s’essouffle très légèrement… Enfin bref, si je vous raconte tout ça, c’est parce que The Big Lebowski n’est en rien une comédie américaine de ce genre-là.

En gros et en vrac, The Big Lebowski c’est l’histoire d’un tapis qui “meublait vraiment bien la pièce”, d’un tournoi de bowling à ne pas prendre à la légère, d’un millionnaire sur un fauteuil roulant, d’une nymphomane vénale, d’un réparateur du câble qui s’appelle Karl et qui est un “expert”, d’un groupe de nihilistes allemands et leur “jolie marmotte”, d’une voiture “verte avec des nuances marron-brun-rouille”, d’une artiste contemporaine complètement barrée, de cassettes des Creedence, d’un D à une dictée, d’un cowboy philosophe, d’une Corvette rouge flambant-neuve, d’un Jesus pédophile, d’un producteur de films X à Malibu, d’un dictateur irakien et d’un groupe de flamenco gitan originaire du sud de la France.

"I like your style, Dude."

« I like your style, Dude. »

Et au milieu de tout ce joyeux bordel, il y a the Dude : un chômeur de Los Angeles à l’arrache dont les goûts vestimentaires sont plus que douteux et qui passe son temps à jouer au bowling avec ses deux potes, à fumer des pétards et à boire des Russes Blancs. Le genre de mec capable de payer une brique de lait avec un chèque (coût : 0.69 $). Le genre de mec qui dit “fuck” et “man” dans toutes ses phrases. Le genre de mec qui n’a dans son portefeuille que la carte de fidélité de son supermarché et qui écoute une cassette du chant des baleines en fumant un joint dans son bain (“ultimate relaxation”, c’est marqué sur la cassette). Le genre de mec que tout le monde prend pour un gros loser mais que, finalement, tout le monde aime bien. Le genre de mec qui se fait appeler “le Mec” comme si c’était un titre de noblesse (“le Mec” est la traduction littérale de the Dude mais les doubleurs français ont opté pour “le Duc”… Ça perd un peu de sens mais l’idée est bien là). Voilà, dans les grandes lignes, c’est à ça qu’il ressemble, the Dude.

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« Just… just take it easy, man. »

Mais comment est-il possible d’écrire une histoire qui tient la route avec autant d’éléments n’ayant rien à voir les uns avec les autres ? C’est vrai qu’on pourrait être en droit de se poser la question… Mais ce serait sans compter sur le génie des frères Coen qui, comme par enchantement, déroulent le tapis de leur scénario en s’appuyant sur des dialogues hilarants récités par un parterre de stars en forme olympique. Et autant vous dire que ça marche du tonnerre ! Dans le rôle principal, Jeff Bridges incarne à la perfection the Dude, cet attachant anti-héros post-hippie, régulièrement sujet à des flashbacks d’acide et bien tranquille dans son peignoir et sa paire de méduses. Notre pauvre ami a beau se retrouver embarqué dans un invraissemblable tourbillon de malchance (effractions, kidnapping, cambriolages, vol de voiture, etc.), on se régale en découvrant que rien ne semble jamais pouvoir altérer son flegme “à la cool” ni son insatiable soif de cocktails.

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« You said it, man. Nobody fucks with the Jesus ! »

De John Goodman à Juliane Moore en passant par Steve Buscemi et John Turturro (j’en passe et des meilleurs), tous les seconds rôles semblent eux aussi s’éclater à lancer leurs répliques dont certaines sont devenues mythiques (je me suis d’ailleurs permis de vous mettre quelques morceaux choisis sur les photos). Ils offrent au spectateur une galerie de portraits inoubliables et un désopilant freak show dont les virtuoses frangins ont désormais le secret. Quant à la bande-son, elle suit parfaitement le rythme de ce chef-d’œuvre délirant et nous balance des petites perles signées Bob Dylan, Creedence Clearwater Revival et autres Kenny Rodgers. En fait… Ben ouais : tout est génial dans The Big Lebowski !

- "Jesus, man, can you change the station ? ... I had a rough night and I hate the fucking Eagles, man."

– « Jesus, man, can you change the station ? … I had a rough night and I hate the fucking Eagles, man. »

Voilà donc encore un film dont je ne pourrai jamais me lasser. Même s’il n’a pas connu le succès qu’il aurait mérité à sa sortie en salles, The Big Lebowski a fait son petit bonhomme de chemin au point d’être aujourd’hui devenu une référence – un film “culte” comme on dit – pour toute personne ayant apprécié au moins une fois dans sa vie le fait de ne rien faire. Une bonne tranche de rigolade subtile et jouissive qui fait mouche à tous les coups ! A voir et à revoir sans aucune modération.

The Dude abides (“on ne change pas the Dude” en français)… Et ça c’est bien vrai !

Bande annonce

Pour plus de détails sur The Big Lebowski, cliquez ICI.

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