STARSHIP TROOPERS de Paul Verhoeven (1997)

Choisi par Jeanba, rédigé par Phil.

“These are the rules : everyone fights, no one quits. If you don’t do your job, I’ll kill you myself !”

Lt. John Rico dans Starship Troopers.

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Tu m’as bien entendu, citoyen ? Si tu te barres avant d’avoir fini de lire cette chronique, J’TE BUTE TA RACE !! OK ?? Non parce que là c’est important, les mecs. Il s’agit tout de même de laver l’honneur de l’ami Paul Verhoeven, l’un des réalisateurs de talent les plus souillés d’Hollywood. Déjà, le mec avait vu Total Recall (1990), sa perle rare de “film d’anticipaction” (ouais, j’invente des mots, je fais ce que je veux) se faire traîner dans la boue par un remake frôlant le foutage de gueule l’an dernier. BIM ! Ensuite, on peut dire avec une quasi-certitude que Robocop (1987), sa deuxième perle rare d’anticipaction, est sur le point de subir le même genre de viol collectif hollywoodien… Et re-BIM !! Alors, avant que la foudre de l’humiliation cinématographique ne s’abatte une nouvelle fois sur le pauvre metteur en scène néerlandais, le Projet Skynet a décidé de monter au créneau pour défendre la troisième perle rare d’anticipaction de l’ami Paulo, j’ai nommé Starship Troopers.

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Starship Troopers, c’est le genre de film qu’on adore au Projet Skynet parce qu’il relance le sempiternel débat “film de merde / film pas de merde”. Avec son histoire au ras des pâquerettes, ses personnages ultra-clichés et incroyablement creux, ses dialogues qu’on a l’impression de les avoir entendus environ 5712 fois et sa déferlante de violence gratuite et d’effets spéciaux, c’est vrai qu’à première vue le film ressemble à un bon vieux navet testostéroné avec beaucoup trop de moyens pour ce qu’il est. St3Mais il ne faudrait surtout pas prendre l’ami Paulo pour un con. Surtout pas…

En nous invitant à suivre cette bande de quatre post-adolescents idéalistes se lançant aveuglément dans une guerre futuriste contre de gros insectes carrément hostiles, l’ami Paulo se délecte, il se régale ! A chaque fois que je mate ce film, je m’imagine Verhoeven posé derrière sa caméra en train de manger du Gouda et de se marrer comme un bossu : “Hahaha, ces cons d’Américains ne vont jamais rien comprendre à ce qui leur arrive !!”  Parce que ouais, les Ken et Barbie du futur qu’il a choisis pour son casting, déjà, ils se retrouvent en face de sales bébêtes deux fois plus grosses qu’euxstarship-troopers-16-g et capables de leur ouvrir le bide d’un seul coup de patte. Et ils ne s’en privent pas !

En même temps, vous seriez contents, vous, si des mecs de Berverly Hills (Casper Van Dien et Dina Meyer) et de Melrose Place (Denise Richards) – et même le Docteur Doogie en personne (le désormais “legen…wait for it…dary” Barney Stinson) – venaient envahir votre planète sans vous demander la permission ? Moi perso, je serais un tout petit peu énervé et j’appelerais mes milliers de copains, pas contents eux non plus, pour faire des tas d’hommes et dégager ces petits cons bodybuildés aux brushings parfaits et leurs bimbos de copines… Du coup, c’est un vrai feu d’artifice de têtes qui volent, de jambes arrachées, de bras dissous à l’acide extra-terrestre, et de tas de cadavres affreusement mutilés. Pour un blockbuster, on a carrément droit à un arc-en-ciel de giclures dégueulasses et à un pur petit festival de gore ! Et le gore, c’est…? Oui c’est ça, les enfants : le gore, c’est chouette !

StarshipTroopers_05PSMais le gore, ça a beau être chouette, s’il n’y a pas un minimum de réflexion derrière, tout le monde s’en fout. Et ça l’ami Paulo, vu qu’il est pas con, il l’a très bien compris. En envoyant cette jeunesse parfaite dans le “merdier” du futur, Verhoeven dénonce. Il appuie là où ça fait mal. Il pointe du doigt tout un tas de choses et fait ainsi de Starship Troopers un véritable film subversif blindé de références en tous genres. Même la BO, guerrière et volontairement grossière, semble finalement plus moqueuse qu’autre chose. Et c’est là que ça commence à devenir vraiment intéressant. starship-troopersQuand on y repense, c’est d’ailleurs assez fou que les producteurs aient laissé sortir ce film. Aaaaahhhh, les 90’s (soupir)…

Je t’explique. Si tu vivais dans cette “Fédération Terrienne” du futur (dont le symbole est un aigle… tiens tiens…), tu serais heureux d’appartenir à une société autoritaire, militariste et « spatio-colonialiste » dans laquelle, pour devenir un “citoyen” – et donc avoir du pouvoir et des privilèges -, tu serais obligé de te cogner deux ans de service fédéral dans l’armée et, ainsi, risquer tes jambes, tes bras et/ou ta tête. Une sorte de démocratie athénienne de l’Antiquité, mais à l’échelle planétaire. C’est pas trop primitif comme système ? Ça te va ? VVa3lael6prlrxuidU61Z7BABon, alors je continue.

Dans ce monde-là, tu ne penserais qu’à devenir citoyen parce que la Fédération te lave quotidiennement le cerveau avec son réseau médiatique, le “federal network”, qui t’apprend dès la naissance à écraser les cafards parce qu’ils ressemblent à tes ennemis et que c’est nous qu’on est les meilleurs de l’univers. Mais non c’est pas les États-Unis de l’Amérique, arrête de dire n’importe quoi ! Le réseau t’apprend aussi que manier des armes chargées avec de vraies munitions depuis le CE2, c’est bien. En revanche, être un criminel c’est pas bien parce que sinon tu risques de te faire pendre haut et court en prime time devant le monde entier. Dans ce cas-là, mieux vaut faire son service fédéral, tu crois pas ?

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Ouais !! C’est trop chouette l’armée ! Tu vas enfin pouvoir canarder de la grosse bébête hostile : ton rêve de gosse, mec !! Si t’es un athlète un peu débile et nul en maths comme notre héros Johnny Rico, tu te retrouves dans l’Infanterie Mobile pour subir un entraînement à la Full Metal Jacket (la référence au film de Kubrick est ultra-évidente et veut bien dire ce qu’elle veut dire…). En sortant de là, tu seras super content d’être de la chair à canon comme tes millions de camarades et d’obéir aux ordres de tes supérieurs portant des uniformes rappelant un régime qui avait, lui aussi, un aigle comme symbole (tiens tiens…). Dans ce sens-là, ce n’est d’ailleurs peut-être pas anodin si les gradés finissent par comprendre que la seule façon d’obtenir la victoire, starshiptroopersc’est l’offensive de type blitzkrieg (la “guerre-éclair”, va revoir tes cours d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale).

Avec un peu de détermination et beaucoup, beaucoup de chance, tu finiras peut-être Lieutenant dans l’Infanterie comme Rico et tu passeras sur le réseau fédéral où tu seras présenté comme le genre de héros dont la Fédération a besoin. Le genre de mec débile et couillu qui nous mènera à coup sûr jusqu’à la victoire finale contre les vilaines bébêtes et qui servira d’exemple à des millions de petits terriens.

La Fédération Terrienne a besoin de toi, mec ! Alors enrôle-toi !

“Voulez-vous en savoir plus..?”

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Bande-annonce

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2 thoughts on “STARSHIP TROOPERS de Paul Verhoeven (1997)

  1. J’adhère ! et je m’engage illico dans la même défense active de cet indémodable chef d’oeuvre SF et subversif né dans les arènes d’Hollywood ! Imaginer un remake aujourd’hui, reprenant au pied de la lettre la nouvelle de Robert Heinlein et son contenu pour le moins douteux, laisser planer de bien mauvais présages.Pourquoi pas refaire « la horde sauvage » tant qu’on y est !

    • Phil dit :

      Merci Princécranoir ! Te savoir dans nos rangs nous rassure ! Même si je me doutais bien que tu serais de la partie… 😉
      Prends garde et tremble, Hollywood : les hoplites défenseurs de la SF subversive sont là, prêts à en découdre !

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