PUMP UP THE VOLUME d’Allan Moyle (1990)

Rédigé par Phil.

“It can’t get any worse. It can only get better.”
Mark dans Pump Up The Volume.

pump up the volume poster

 

 

 

 

La vie a parfois un drôle de sens de l’humour.

En ce vendredi 11 novembre 2016, je me suis levé en apprenant la mort de Leonard Cohen. Jusque-là, rien de bien réjouissant, je vous l’accorde.

Les yeux encore collés d’une trop courte nuit, je déroule mon fil d’actualités. Les “R.I.P.”, vidéos live et autres “Suzanne” défilent. Même un Jeff Buckley revenu d’outre-tombe y va de son petit hommage. Je ne connais pas assez bien l’artiste, la légende devrais-je dire, mais je trouve quand même ça triste. pump-5Cela me touche en tout cas bien plus que d’autres nouvelles survenues les jours précédents.

Et là, au beau milieu de tous ces statuts, je tombe sur le saint-graal des hommages : le Blow Up sur l’utilisation de Leonard Cohen au cinéma. Du son, des images, des souvenirs, des découvertes et, bien sûr, cette voix, chaleureuse, grave, rocailleuse, qui me rappelle que Leonard Cohen c’est, par exemple, le début de Tueurs-Nés (1994). Que c’est aussi la fin de Tueurs-Nés, d’ailleurs. Que Leonard Cohen c’est Watchmen (2009), Good Morning England (2009) ou Breaking The Waves (1996) et que c’est même le sosie d’Al Pacino.

Parmi toutes ces citations, un film émerge. Un film que je n’ai pas vu mais dont j’avais entendu parler. Un teen movie de 1990 avec un Christian Slater en animateur sulfureux et subversif d’une radio pirate pour lycéens mal dans leur peau pleine de Biactol. Oh tiens, j’aime bien Christian Slater ! Et si on se regardait ça ce matin ? Allez d’accord.

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Blow Up ne m’avait pas menti – ce n’est jamais le cas d’ailleurs -, il y a bien du Leonard Cohen dans Pump Up The Volume. Y en a même deux chansons, dont cette petite perle que vous trouverez un peu plus haut. Et puis y a plein d’autres trucs aussi : du Ice-T, du Descendents, du MC5, du Sonic Youth et même un morceau inédit des Beastie Boys. Plutôt pas mal, la playlist !

Voilà donc que l’on retrouve notre petit Christian en train de distiller, entre deux morceaux, son message d’ado en crise genre “bougez-vous le cul, bordel de merde !”. Sans le vouloir, il rassemble autour de sa voix de rebelle hertzien tout ce que les Etats-Unis et les années 80-90 ont fait de mieux (ou de pire) en matière de clichés sur les 15-18 : pump-up-the-volume_photos_575le sportif, la fille de riche, le bad boy, le gros, la (future) grunge, le nerd… Il y a aussi une histoire d’amour qui se met en place. En plein dedans, quoi…

Bref, un joli petit tableau qui rappellera immanquablement aux nostalgiques le Dazed and Confused (1993) de Richard Linklater et, surtout, le mythique Breakfast Club (1985). Héritier imparfait mais assumé de ce dernier, Pump Up The Volume a le mérite de dépeindre assez justement une jeunesse paumée, en manque de cette révolution que leurs parents ont vécue mais qu’eux ne connaîtront jamais. Eh ouais, pas de bol les mecs, mais c’est comme ça.

“Et qu’est-ce qu’on fait nous alors si on peut pas vivre l’amour-libre et sentir le patchouli et prendre du LSD et manifester contre la guerre du Viet-Nâm ?” Et ben tu vas commencer par ne plus avoir peur d’ouvrir ta gueule, mon p’tit pote. Et puis tu vas réfléchir à tout ce dont tu as vraiment envie et tu vas te donner les moyens de l’obtenir, peu importe ce qu’en pensent les autres. Arrête de ruminer tes petits problèmes qui n’en sont pas dans ton coin et tu te rendras vite compte qu’en fait les autres ils font pas si peur que ça, qu’ils te ressemblent et qu’on a tous plein de choses à s’apporter les uns les autres pour vivre mieux. Voilà ! Tous à poil dans la forêt, c’est super, c’est génial !

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Je sais, ce type de message peut paraître désuet, ringard ou tout ce que vous voudrez. Mais ce matin, quand j’ai maté Pump Up The Volume, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’élection de Donald Trump et à la “surprise générale” qu’elle a suscitée. Ca, pour s’offusquer sur un réseau social entre deux gifs de chat, y a du monde. Mais pour le reste, on ne peut malheureusement pas en dire autant. Je ne suis pas en train de juger qui que ce soit, je fais pareil. On fait tous pareil. Mais je constate juste que notre société manque cruellement de petits pirates rebelles en forme de Christian Slater pour nous susurrer gentiment à l’oreille : “bougez-vous le cul, bordel de merde !” En cela, Pump Up The Volume met un petit coup de pied au cul loin d’être désagréable.

Alors ok, partir de Leonard Cohen pour arriver à l’élection de Donald Trump en passant par Christian Slater, je vous le concède, ça tiendrait presque du Kamoulox.

Mais faut croire que la vie a parfois un drôle de sens de l’humour…

Allez, salut !

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Bande-annonce

La fiche complète du film.

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2 thoughts on “PUMP UP THE VOLUME d’Allan Moyle (1990)

  1. princecranoir dit :

    Oh seigneur Trump, ça fait une paye que j’ai vu ce film ! Pour tout dire, j’étais encore au lycée quand je me suis rué pour aller le voir, plus exactement l’écouter ! Parce qu’en fait, c’est bien pour cette B.O. que je me suis déplacé à l’apoque, une tuerie de track list ici en partie (Titanium) exposée, liste à laquelle j’ajoute un brin de Pixies qui tournaient en boucle alors dans mon walkman de chez Prisunic (et qui me filait la « super pêche », y a pas à dire), un chouya de Urban Dance Squad (groupe de fusion oublié de tous aujourd’hui, peut-être à raison d’ailleurs), un zest de Richard Hell (« l’amour vient par giclée » nous dit-il, je me sentait un peu concerné à l’époque) et surtout une reprise de feu du « Kick ou the Jams (ce à quoi j’ajoute évidemment le « Motherfuckers » de rigueur) par un tandem composé des rastas féroces de Bad Brains et de l’ex-Black Flag et pas encore intello à cou de taureau Henry Rollins. J’avais adoré cette histoire radio pirate qui foutait le feu à la jeunesse, un mélange de « Ferris Bewler » c’est sûr, mais avec une bonne dose de « Over the edge », film favori du jeune Cobain. Encore un qui chante les chœurs avec Jeff, Lou, David et Léonard bien sûr.

    Grand merci pour ce bon bol de nostalgie 🙂

    • projetskynet dit :

      Avec grand plaisir, Prince ! Ce film donne effectivement envie d’organiser un petit blind test spécial 90’s. Tu veux venir ? 😉
      Content que cette chronique ait réveillé chez toi de vieux souvenirs agréables de musique et de ciné.
      Je ne peux m’empêcher de penser à Suicide Squad là maintenant (ouais, je fais ce que je veux 😉 ) et à l’utilisation dégueulasse de sa soundtrack, dont les droits ont d’ailleurs dû coûter une blinde : de bonnes chansons, certes (Creedence, The Animals, Black Sabbath, Queen bien sûr… des classiques) mais enchaînées bêtement, sans chercher à donner aucun sens. Quel gâchis ! C’est l’un des (nombreux) trucs qui m’ont énervé dans ce film…
      Alors que quand Christian Slater met le vinyle de Leonard Cohen et se fume sa clope en silence pour se recueillir deux mùinutes avec « If It Be Your Will »… C’est beau, putain…

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