PROMETHEUS de Ridley Scott (2012)

Proposé par Jeanba, rédigé par Phil.

“Big things have small beginnings.”
David dans Prometheus.

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Avant, tout ce dont je me rappelais de Prometheus, c’était l’amère déception ressentie à la sortie du ciné. Alors que l’idée d’un préquel d’Alien (1979) par Ridley Scott himself s’annonçait pourtant pleine de promesses, je décidais une fois à l’air libre de rayer au plus vite et à tout jamais ce film de ma mémoire.original (2) Et j’y étais pas trop mal arrivé. Mais ça, c’était avant…

Parce que voilà. Il y a de cela quelques jours, l’ami Jeanba – dont la désopilance n’est plus à prouver – a décidé de me filer Prometheus à chroniquer, sachant très bien que je l’ai pas trop aimé et que je suis un grand fan des quatre Alien. Eh ouais, c’est le genre de truc qui le fait marrer. En même temps, je dois bien avouer qu’il ne m’en faut pas beaucoup plus à moi non plus. Près de trois ans plus tard, voilà donc que je rempile pour un séjour sur le Prometheus et ça y est, ça me revient maintenant. Tout me revient, bordel !

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Prometheus ça commence avec un grand mec chelou, chauve et tout blanc qui boit un shooter en slip au bord d’une cascade. Autant te dire que ça commence bien ! 572 fois plus puissant que le tord-boyaux de papi, le shooter s’attaque à son organisme jusqu’à ce qu’il tombe raide mort dans la cascade et se transforme en Aspro 500. Bref, sale cuite. Dans les images qui suivent, on nous fait clairement comprendre que l’Aspro 500 en question est à l’origine de la vie et de la présence des hommes sur Terre. Ma foi, pourquoi pas ? Donc voilà, fini Dieu, fini Darwin, on retourne aux fondamentaux :datAZ c’est un grand extra-terrestre tout blanc, en slip et torché à mort, qui nous a créés. Comme quoi l’alcool fait vraiment des miracles.

Quelques millions de gueules de bois plus tard, commence la mission spatiale la plus invraisemblable de l’humanité. Des hommes de Cro-Magnon ayant laissé des coordonnées planétaires super précises dans leurs grottes toutes pourries aux quatre coins du monde (…), la célèbre compagnie Weyland décide de réunir un budget de 3 milliards (de dollars ? De roupies ?) ainsi qu’une exceptionnelle équipe de bras-cassés pour répondre à ce qui semble être une invitation de la part de nos créateurs en slip, une invitation à venir à leur rencontre. Ouais ! C’est parti ! On va enfin pouvoir répondre à toutes ces questions qui nous taraudent depuis l’aube de l’Humanité et savoir pourquoi Fonzie est si cool ou pourquoi les filles adorent Dirty Dancing. Chouette, j’ai hâte !

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Parce qu’ils ne trouvaient pas ce postulat de départ assez bancal à leur goût, Damon Lindelof et John Spaihts, les deux scénaristes, ont attendu que le vieux Ridley ait le dos tourné pour se lâcher complètement (honnêtement, je ne vois pas d’autre explication). A partir du moment où le Prometheus arrive sur la planète de ceux que l’on appelle les “Ingénieurs” (les mecs en slip), c’est donc le début d’un impressionnant festival de grand n’importe quoi scénaristique s’enchaînant à un rythme soutenu jusqu’à la fin.original (4) Et franchement, c’est fatiguant.

Si les deux garnements scribouillards choisissent de laisser les questions d’ordre philosophique en suspens pour un Prometheus 2 à venir (et encore, techniquement ça risque d’être compliqué…), d’autres interrogations – moins existentielles mais tout aussi essentielles – pointent rapidement le bout de leur nez à mesure que l’intrigue avance. Plus ou moins dans le désordre, ça donne à peu près ça, et ce n’est pas garanti sans légers spoilers (désolé) :

original (3)– “Pourquoi le maquillage de Guy Pearce est-il si affreusement dégueulasse ?”
– “Pourquoi Idris Elba joue-t-il d’une sorte d’accordéon irlandais pourri (que l’on appelle concertina) ?”
– “Pourquoi un biologiste de métier tient-il à jouer à la baballe avec une forme de vie inconnue ? Il est con ou quoi ?”
– “Pourquoi courir tout droit pour éviter un gros truc circulaire qui roule derrière vous ? Vous êtes complètement cons ou quoi ?? Tourner à droite, ça vous dit pas ? A gauche peut-être ? Bon ok, tant pis…”
– “Mais comment vous avez fait pour faire exploser la tête de cet extraterrestre en slip ? Vous êtes complètement cons ou quoi ??”
– “Tiens, pourquoi ce mec décide-t-il soudainement de déprimer et de se mettre à boire comme le dernier des poivrots ?”
– “Mais comment vous faites pour vous perdre dans ce truc alors que vous disposez d’instruments du futur super pointus ? Vous êtes complètement cons ou quoi ??”
– “Comment un androïde amoureux de Peter O’Toole, aussi intelligent soit-il, peut-il en savoir autant sur une espèce dont personne ne sait rien ?”
– “Non pas ça… S’il vous plaît… Non… Pas un flûtiau de l’espace ! Pourquoi, les mecs ? Mais pourquoi, bordel ??”
– “Dis-donc, elle avait pas super mal au ventre y’a cinq minutes Noomi Rapace ? Si ? Alors tu m’expliques pourquoi elle descend tranquillement un truc en rappel là ?”
– “Eh oh, ça va pas ou quoi ? Pourquoi il s’est transformé en zombie de l’espace lui ??”
– “Et sinon, on m’a dit qu’il y avait Charlize Theron dans ce film… Elle est où ? Quelqu’un l’a vue ? Charliiiize ?”

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Autant de questions qui resteront à jamais sans réponse, je préfère vous prévenir. Bon ok, je vous l’accorde, tout n’est pas non plus à jeter dans Prometheus. Mais c’est justement bien là qu’est le problème, bordel ! Le père Ridley étant loin d’être un manchot du haut de ses 75 ans (à l’époque) et de ses quarante ans de carrière, il parvient à créer un univers visuel SF d’une esthétique particulièrement classe au niveau des vaisseaux, des costumes, des paysages et même des aliens en slip. C’est également assez agréable de retrouver l’empreinte si particulière du regretté Giger et de son travail exceptionnel datant du premier film de 1979. Mais après ça, il reste quoi, sérieux ?Prometheus A part un Michael Fassbender qui sort vraiment du lot et une unique scène bien stressante dans la “machine à chirurgie”, tous les autres acteurs sont aux abonnés absents, les dialogues rasent le sol, les thèmes de cuivres de la B.O. ont déjà été entendus à peu près quinze mille fois et l’histoire se fait régulièrement plomber par toutes ces absurdités venues d’ailleurs.

Exactement comme dans le mythe grec du titan Prométhée, les scénaristes de Prometheus ont voulu piquer le “feu sacré” des créateurs pour tenter d’en faire quelque chose de bien pour l’Humanité. Sauf que voilà, il se sont royalement plantés et en plus ils se sont fait gauler, ces cons.

Personnellement, je leur réserverais bien le même genre de torture quotidienne que celle à laquelle Prométhée a eu droit : attachés pour l’éternité à une montagne, le bide grignoté tous les jours par un vautour. Ca leur apprendra, tiens !

Allez, salut !

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Bande-annonce

 

Pour en savoir plus sur Prometheus, voici la fiche complète du film.

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2 thoughts on “PROMETHEUS de Ridley Scott (2012)

  1. D’accord à 12 000 % avec cet avis hilarant mais oh combien dans le vrai ! Faut croire que les longs voyages dans l’espace ont même fini par griller les neurones des scénaristes. Mais pas de panique, Neill Blomkamp va nous remettre tout ça d’aplomb, en invitant les abrutis de Die Antwoord en duo avec un xénomorphe casquette à l’envers pour un rap en néerlandais dans les soutes d’un vaisseau spatial. C’est dire comme j’ai hâte…

    • Phil dit :

      Haha ! Ce tableau sud-africain me fait (presque) rêver : paye ton selfie avec un facehugger et ton graff’ à l’acide pendant que Xéno pose son flow sur le beat de Blomkamp ! Ouaich’, ma gueule ! Au secours, j’ai peur…

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