THE NICE GUYS de Shane Black (2016)

Après-séance rédigée par Phil.

“You’re the world’s worst detectives.”
Holly dans The Nice Guys.

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Il y a une semaine, si quelqu’un m’avait demandé qui était Shane Black, j’aurais été incapable de lui répondre. Je lui aurais peut-être baragouiné un truc hésitant du genre “un joueur de NBA..?”, mais à part ça, pas grand-chose. Une séance de cinéma et une visite sur IMDB plus tard, 97477219_FILM_TITLE_THE_NICE_GUYS_2016_HANDOUT_.-large_trans++gsaO8O78rhmZrDxTlQBjdGtT0gK_6EfZT336f62EI5Uje sais qui est Shane Black et je ne suis pas près de l’oublier.

Sans que j’y fasse vraiment attention (je fais ce que je veux), ce monsieur a bercé une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence cinématographiques puisqu’il est le scénariste de films devenus cultes pour toute une génération. Des films comme L’Arme Fatale (1987), L’Arme Fatale 2 (1989), Le Dernier Samaritain (1991) ou encore Last Action Hero (1993). Rien que ça… Et il faisait même partie de la bande à Schwarzy dans Predator (1987) ! Mais si, le petit gars à lunettes là, Hawkins. Celui qui meurt en premier ! Bref…

Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, le mec s’est décidé à passer derrière la caméra et a tout de même pondu un très sympathique petit polar humoristique, Kiss Kiss Bang Bang (2005), qui devait durablement remettre Robert Downey JR. sur le devant de la scène et les “rails” (vous apprécierez le jeu de mot) du succès. Accessoirement, il s’est aussi occupé de co-écrire et de réaliser Iron Man 3 (2013) qui, avouons-le, n’était pas si pire que ça, voire même plutôt pas mal. Un joli petit background, quoi !

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Lorsque mes yeux se sont posés pour la première fois sur l’affiche de The Nice Guys, son dégradé d’orange, sa typo disco et son improbable duo d’acteurs, j’ai passé mon chemin sans en avoir trop grand-chose à faire. A peine un peu curieux, presqu’indifférent. La faute à un formatage orchestré autour des prequels, reboots et autres remakes de sequels de spin-offs estampillés Marvel ou DC ? La faute à un manque de communication autour d’un film qui avait le malheur d’être projeté en salles au même moment qu’un énième et très oubliable X-Men ? La faute à ma bêtise, tout simplement ? Tout cela est fort possible… Mais voilà, lorsque j’ai découvert qui était l’auteur et réalisateur, lorsque j’ai découvert qui était le fameux Shane Black, j’ai senti que ce film allait m’offrir la possibilité de voir autre chose, qu’il portait en lui l’espoir d’un renouveau. Alors j’ai foncé… et j’ai grave kiffé !

NiceGuysCroweCar.0Armé de sa plume experte en buddy movie d’action, Shane Black dégaine ici ce qu’il sait faire de mieux et parvient, en l’espace de deux heures, à relancer un genre qui semblait jusqu’à présent s’essouffler, voire carrément disparaître. Et pour être honnête, cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas marré à ce point ! Une telle maîtrise force le respect.

Alors c’est vrai que dans ce genre de films, ça ne vole jamais bien haut. J’en entends déjà certains râler que “ouais c’est bon, les films avec deux mecs que tout oppose qui sont entraînés dans une histoire de fou et qui vont finir par devenir copains à la fin, on connaît ça par cœur, c’est bon t’es nul vas-y”. Eh ben non, les mecs ! Parce que quand un Shane Black te balance un buddy movie tel que The Nice Guys, dosé à la perfection en termes d’écriture, de rythme, d’action, de direction d’acteurs, d’ambiance et d’humour, impossible de ne pas se dire avec une petite larme de nostalgie et un reniflement d’émotion : “putain, c’est quand même carrément chouette les buddy movies !”

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C’était quoi le dernier bon “film de copains” (c’est pas mal en français aussi, non ?) que vous avez vu ? Personnellement, je ne vois pas grand-chose de mémorable à part la série des Men In Black. 46dddaf2e8e29f80f99e8339ab38d2e1Et encore, peut-être même seulement le premier (n’hésitez pas à me faire signe si vous pensez à autre chose) Et n’allez surtout pas me parler de Batman v Superman (2016) parce que déjà, même si tout les oppose et qu’ils finissent effectivement par devenir copains à la fin, ça ne compte pas. Et puis surtout, parce que c’est complètement nul. Non là je te parle d’un vrai film. Un film de pur divertissement, certes, mais qui te raconte une époque. Un film qui te raconte une ville. Un film avec de vrais personnages qui ont un vrai passé, de vraies moustaches et de vrais problèmes d’alcool. Des personnages qui se font vraiment casser le bras par une grosse brute en poussant un vrai cri de douleur avant de se prendre une vraie cuite au beau milieu de la soirée d’un magnat du porno avec le vrai groupe Earth, Wind & Fire qui joue “September” pour de vrai ! Là c’est de l’authentique, mon pote ! Et c’est là que réside selon moi la grosse différence avec le cinéma de divertissement que l’on nous propose depuis des années. Film Review The Nice GuysC’est justement parce que le décor de The Nice Guys est planté de façon si authentique et si juste que tous les autres ressorts du film, aussi burlesques et abracadabrantesques soient-ils, fonctionnent à merveille.

C’est ainsi que je me suis retrouvé en plein dans le Los Angeles de la fin des 70’s, bercé par les Temptations, Kool and the Gang et Al Green, à suivre une enquête farfelue menée par un couple de détectives tout aussi farfelus. D’un côté, Russel Crowe, sneakers aux pieds et poing américain à la main, endosse le costume de Jackson Healy, une brute épaisse “à louer” pas si débile que ça, rappelant étrangement au souvenir de L.A. Confidential (1997) et de ce rôle qui lui va comme un gant de boxe. ryan-gosling-the-nice-guys-imageDe l’autre, c’est un Ryan Gosling olympique qui enfile les pompes de Holland March, un privé abimé par l’alcool et par la vie, veuf et père d’une gamine de 13 ans (excellente Angourie Rice), véritable “bras cassé” trouillard et désopilant malgré lui. Comme en réponse à ses détracteurs lui reprochant d’avoir enchaîné des rôles “faciles” dans lesquels il faisait toujours la tronche, l’acteur prouve qu’il en a sous le capot de sa Mercedes et qu’il est capable de porter – presqu’à lui seul – la totalité du potentiel comique du film. Il offre ici ce qui m’apparaît comme l’une des meilleures prestations de sa carrière. La rencontre des deux, si elle laissait un peu dubitatif sur le papier, balance des étincelles dans tous les sens et prépare le terrain à de nombreux gags, amenés avec plus ou moins de subtilité mais toujours de façon judicieuse et surtout très efficace. 

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Des bars du centre-ville aux somptueuses villas des hauteurs de Los Angeles, les deux compères traîneront leurs guêtres bleues, marron et orange dans une ville qui, à l’image de tout un pays, vit les dernières heures de l’âge d’or du disco et se prépare sans le savoir à entrer dans les 80’s,TNG_Day_#41_01222015-172.dng avec tout ce que cela comporte de glam rock et de coupes “mulet” dégueulasses. Ils y croiseront des actrices porno activistes écolo, des hommes de main bêtes comme leurs pieds, des acteurs de série TV tueurs à gages à leurs heures perdues, des dirigeants de l’industrie automobile pollueurs et des secrétaire d’Etat à la Justice ressemblant à s’y méprendre à Kim Basinger. Vous l’aurez compris, c’est un véritable bordel qui s’annonce. Mais ne vous inquiétez pas, le talent de Shane Black s’occupe du reste et permet au spectateur de ne jamais se sentir largué entre deux barres de rire. Du grand n’importe quoi déroulé au millimètre près !nice-guys-movie-review-kim-basinger-crowe-gosling

Voilà donc comment, à grands renforts de vannes, de situations cocasses, de chansons funky et de gnons dans la gueule, The Nice Guys offre un spectacle des plus rafraîchissants. Shane Black y crie, avec une désinvolture et une liberté très agréables, sa nostalgie d’un cinéma hollywoodien semblant d’un autre temps. Un cinéma qui me fait donc un peu sentir le poids de ma trentaine passée mais qui, surtout, n’est finalement peut-être pas si lointain que ça…

En tout cas, je vous le conseille, ça fait sacrément du bien !

Allez, salut !

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Bande-annonce

La fiche complète du film.

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