LITTLE ODESSA de James Gray (1994)

Proposé par Phil, rédigé par Jeanba.

«-Hey, do you believe in God ?
-Yes
-Good. We’ll wait ten seconds and see if he comes to save you.»,

Joshua Shapira dans Little Odessa.

little-odessa-projet-skynet


Ici, c’est Brooklyn. Ici, plus précisément, c’est Brighton Beach. Little Odessa devrais-je même dire – en référence à cette ancienne base navale soviétique d’Ukraine -, et notre communauté est celle des Juifs émigrés de Russie.
On parle ici d’une histoire d’hommes. Trois âges qui gravitent autour d’une femme atteinte d’une tumeur au cerveau. Ça laisse moins de place à la fantaisie et aux pique-niques ensoleillés sur Coney Island, surtout quand l’environnement est baigné par les petits crimes et grandes arnaques de la mafia.

little_odessa_1994_portrait_w858

C’est là que tu te tiens, toi, le père sévère et borné.
L’éducation, ça te connait : tu parles peu et tu frappes fort. Tu es resté aussi froid que l’hiver soviétique, mais tu sais être lucide. Tes enfants ne t’aiment pas et tu n’as pas l’intention de trouver un remède à ça. Mieux vaut attendre que tout se casse la gueule, blotti contre le sein de ta maîtresse.
Si tu avais eu le courage de t’opposer à lui, tu aurais déjà débarrassé le monde de ton premier fils, celui que tu vois comme le Diable. Mais tu sauras être plus lâche que ça…

20320076.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

bande-annonce

Et puis il y a ton retour, Joshua.
Tu n’es certainement pas le fils prodigue. Tu as été banni du quartier et ta tête a été mise à prix. Pas question de revoir un jour l’endroit où tu as grandi. Si ce n’est que les affaires sont les affaires et que ton job de tueur à gages t’oblige à revenir. C’était pas vraiment prévu, mais après tout un petit coucou à la famille, pourquoi pas ? Pas certain que ce soit ta meilleure idée. Pas certain que tu aies déjà eu une bonne idée d’ailleurs…
Tu n’es pas mauvais dans ce que tu fais, peut-être même un peu doué. Mais ton rôle de caïd ressemble à un costard trop grand pour toi. Tu flottes un peu dans ton déguisement de mec solide. Les épaules un peu trop rentrées et la mâchoire pas assez carrée. T’aurais préféré la vie simple. Celle où tu pourrais aller au ciné avec ton frangin, lui que tu adores malgré tout ce merdier. Cette vie simple où tu pourrais te permettre d’aimer une femme. Cette vie simple où on te laisserait tenir le chevet de ta mère malade.
Il paraît que la beauté des rapports humains se situe dans la réciprocité. Avec ton père, votre haine mutuelle frise le superbe.
Tu brûles tout ce que tu touches. Peut-être que, finalement, tu n’aurais pas dû revenir…

A toi enfin, Reuben. Futé, quoiqu’un peu branleur. Mais j’ai l’impression que t’as d’autres choses à penser que l’école en ce moment, je me trompe ?
20320080.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxTu voudrais avancer, mais dans quelle direction ? Et comment ? T’as déjà compris que pour pouvoir encore t’occuper de ta mère, il fallait faire le dos rond avec le paternel. T’as de la patience, même si tes poings semblent se serrer un petit peu plus chaque jour. Heureusement, ton frère revient. Certes, c’est un tueur et le ciel s’assombrit à chaque fois qu’il est là. Mais tu ne l’as jamais jugé. Après tout c’est ton frère, merde ! C’est ton héros !
Dans tout ça, c’est toi l’adulte. Toi seul connais le pardon et la sagesse. T’as pas à rougir de ton innocence, toi Reuben, le martyr de leurs folies.
T’es beau petit…

Continuez d’explorer Little Odessa ici.

Plus de lecture ?

Tagged , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *