LES TONTONS FLINGUEURS de Georges Lautner (1963)

Adoré par Anne, rédigé par Jeanba. 

« J’ai connu une polonaise qu’en prenait au p’tit déjeuner. »

Fernand Naudin, Les Tontons Flingueurs.

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cohen_robert-francis_blanche_dans_le_film_lestonto~OM677300~11115_20110321_8728_167Le Projet Skynet c’est une histoire d’amitié (enfin c’est ce qu’on vous dit depuis le début pour vous vendre du rêve alors continuez d’y croire). Et comme nous sommes des amis sympas, nous chroniquons parfois un film à l’occasion de l’anniversaire d’une personne qu’on aime bien. Cette fois, une blonde qui nous suit dans presque tous nos mauvais coups s’est choisi un film qui nous a étonné : une comédie de gangsters à la sauce vieille France. Ma foi, pourquoi pas ?

Je savais qu’elle aimait les bonnes soirées, j’étais moins certain pour les films de loulous. Mais voilà, les films de gangsters c’est un peu comme les bonnes soirées : faut pas hésiter à ramener un maximum de bonnes gueules et laisser les choses filer comme elles ont envie. Vu comme ça, son choix commence à prendre sens dans mon cerveau engourdi par ces fameuses soirées. Et avec des vauriens, aucune raison de vouloir contrôler quoi que ce soit, ça pourrait en irriter certains. Et croyez-moi, vous ne voudriez pas voir ces sourcils-là se froncer.

tontons-flingueurs-1963-16-gDans les films de Lautner, il n’y aucune raison de faire quoi que ce soit pour fixer des règles. On place des dangereux face-à-face et on regarde s’agiter la fourmilière. La touche particulière qui marque cette époque, c’est que les personnages n’en sont pas. Ici les acteurs ne composent pas leurs rôles, ils viennent avec leur personnalité et tout s’organise autour de ces profils taillés à la hâche. Lino Ventura n’aura finalement joué qu’un seul personnage : le sien. Seuls les dialogues d’Audiard contraignent le jeu à trouver sa perfection. Une poésie aux épaules carrées, sortie tout droit des rades du Paris des 60’s, là où ça sent l’anisette, la cacahouète et le vieux rouge qui tâche.

Bourru-des-champs contraint de rentrer en ville pour assumer le legs de son ami « Le Mexicain », ce bon Fernand nous embarque avec lui dans les rouages et les mesquineries du milieu mafieux de l’époque. L’homme de la pampa a beau être courtois, il va vite remonter les manches pour distribuer les baffes et les bons mots, histoire de faire comprendre à tout le monde qui est le nouveau patron. Et comme nous sommes plus proches de la comédie que des Affranchis, les bourres dans le pif sont soulignées d’effets cartoonesques et les flingues font des bruits de bouteilles qu’on débouche. Champagne !

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Sans reprocher quoi que ce soit au style, aux acteurs, aux auteurs, ni au chat de ma sœur, j’avoue que cet énième visionnage ne fonctionne plus si bien sur mon karma d’hilarité. Je mettrai tout simplement ça sur le dos de Youtube et nos manies de séquencer, morceler, échantillonner les scènes cultes pour se repasser le seul moment qui nous secoue vraiment la glotte. Faut bien l’avouer, on est des petits merdeux.

tontons-flingueurs-2Et pourtant… c’est vrai qu’il y a tant à voir chez Les Tontons. Ne serait-ce que Claude Rich jeune, ça vaut le coup merde ! Moi qui croyais qu’il était né vieux… Ou encore le jeu improvisé de Francis Blanche face à celui appris par cœur de Lino Ventura, combat de deux « forts en gueule » plus complices que duellistes. Sans passer sur Bernard Blier, ou le fameux Raoul, celui qui ventile et éparpille à tout va lorsqu’on le cherche. Il aura surtout cristallisé le gag de la porte et du poing dans la gueule.

Et pourtant seulement… parce qu’après tout, certaines choses sont peut être mieux dans notre imaginaire, ou tout du moins dans notre souvenir. J’ai beau aimer mes souvenirs de la fac, c’est pas pour autant que j’ai envie de me retaper les heures interminables à glander en attendant que ça passe. L’intérêt c’est seulement les morceaux choisis, et pour certains films c’est la même chose.

large_425406Lautner… je t’aime, mais tout est fini entre nous. Laisse-moi juste me souvenir des bons moments, créer une aura autour de ce que j’ai vu à l’époque. Mais plus de visionnage, s’il te plaît, sinon je te jure que je m’endors au premier quart d’heure. Oui, ce ménage à trois avec Audiard était plus qu’agréable, on a vécu de grands moments ensemble. Les plus grands fous rires, et les plus belles inspirations viennent de là. Mais comprends que les temps ont changé, que certaines narrations peuvent devenir désuètes. Je l’avoue, je préfère les plus jeunes maintenant. Voilà, c’est dit.

Comme quoi, c’est pas parce que c’est la référence du genre, ni même parce que ton amie (qui te doit une bière pour la peine) te l’a demandé que t’es obligé d’aimer. Les Tontons Flingueurs c’est un très bon film, mais le prochain qui me le fout sous le nez, je lui mords le front !

A bon entendeur, salut !

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