LES DÉMONS DE JÉSUS de Bernie Bonvoisin (1997)

Proposé par Phil, rédigé par Jeanba.

« Dis donc bas-du-cul, j’ai l’impression que t’as un problème, là. Ouais j’ai la sensation que t’hésites entre te laisser pousser les jambes et t’acheter une jupe, c’est ambigu non? »,  Marie dans Les Démons de Jésus.

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Comme l’encyclopédie du métal nous le confirme – et comme son nom ne le laisse pas du tout à penser -, Bernard Bonvoisin est un gars fait de rock et de prises de positions. Il avait déjà marqué les esprits français à partir de 1977 avec son groupe Trust. Vingt ans plus tard, le Bonhomme sort son premier long métrage et boum !!! Grosse claque cette année-là à tous ceux qui avaient bien voulu suivre Bernie l’anar’ et sa comédie sociale.

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Les Démons de Jésus, (pas le Christ, l’autre) est au cinéma ce que Trust était à la musique: un sacré bordel qui tend à faire passer un message ; enfin, si on arrive à le comprendre. J’avoue dès maintenant que les albums du Beber m’ont toujours laissé de marbre et que c’est ce film qui m’aura fait aimer le type. Un film grandiose, où chaque réplique est une tirade qui saccage la belle langue de Molière pour la remplacer par celle de Néné. J’aurais aimé écrire un texte à la verve aussi libre. Mais quoi, si vous voulez des mots qui sentent fort la gomina bon marché, les vapeurs sulfurées de meules pétaradantes et le sublime des causeries de forains, alors arrêtez de me lire et matez le film !
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C’est là et seulement là, qu’on peut comprendre les origines de la « tosserie », virus qui fait pousser des poils et des cols roulés. Tant de dialogues taillés à l’Opinel dans le verbe cru, ça file le vertige. Même Audiard (Michel, pas l’autre) aurait du mal à réfuter une certaine filiation. On se surprend à rembobiner le film sur certains passages, pour réécouter les subtilités cachées dans tout ce merveilleux foutoir de mots. Comme sur un album de rock, où je pourrais réécouter cent fois la même partie parce que « j’aime bien la montée » (sourire béat).
Les démons de Jésus c’est un peu ça. Peu importe que tu suives l’histoire ou que tu t’amuses, zapette en main, à mixer tes moments préférés. Ce qui compte c’est l’ambiance. Le fil de l’histoire n’a pas besoin d’être agrippé rageusement par une attention trop assidue. Après tout, le Bernie se permet un film imparfait, sentant bon le système D, qui colle parfaitement au récit. La réalisation va cahin-caha, les jeux d’acteurs sont parfois approximatifs, et il n’est pas rare de croiser une perche dans le plan. Un film sur une famille d’anciens forains dans la banlieue rouennaise des 70’s n’attendait pas les budgets d’Europacorp ou la technologie d’Avatar pour raconter son histoire.
extrait

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Le dernier « poing » fort du film restera son casting. Comme je l’ai déjà dit, tout le monde ne s’en sort pas bien au jeu des grandes gueules. Mais ceux qui passent la barre la passent avec une aura qui marquera les esprits et leurs carrières. Passons sur les Lanoux, Babe ou Sémoun, place aux Frémont, Bouchitey, Farès et même Lamotte qui, avouons-le, n’avait pas jusque-là réussi à m’éblouir de sa filmographie. On les aime tellement dans ces rôles qu’on aurait aimé les y laisser encore un peu, ou pour une tournée de plus.
Mais Bonvoisin n’aura malheureusement pas su retrouver la formule magique avec ses films suivants. Donc profitons de ce superbe one shot, à consommer en cul-sec jusqu’à la cuite.
Pour en savoir plus sur Les Démons de Jésus, c’est ICI.

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One thought on “LES DÉMONS DE JÉSUS de Bernie Bonvoisin (1997)

  1. Anonyme dit :

    j’adhère bébert !

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