LÉON de Luc Besson (1994)

Mis à prix par vous, nettoyé par Jeanba.

– La vie c’est comme ça tout le temps ? Ou seulement quand on est petit ?

– C’est comme ça tout le temps.

Mathilda & Léon

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A quel moment sait-on qu’un film nous plaît ?

Dès la première image peut-être.

Survol rapide d’un New-York baigné par la douceur du printemps, plan large sur l’enseigne du «Supreme Macaroni», le restaurant italien de Tony, et l’immersion est déjà totale.
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Totalement à l’aise même, parce que Besson sort ici tous les codes d’un certain cinéma. Et pour les fans du genre, on se sent immédiatement à la maison : Little Italy et ses héros stéréotypés.

De là à dire que les immigrés italiens à New York sont tous des mafieux, c’est peut-être cliché mais on adore ça !!!

Jambes ballantes et clope au bec dans la cage d’escalier de son immeuble, la petite Mathilda, 12 ans, m’a tout l’air d’être une jeune fille qui aurait bien besoin d’être recadrée dans un futur proche. Mais avant même de l’envisager, la vie et les arnaques mal senties de son père vont la précipiter vers un chemin encore plus éloigné des bancs de l’école. Première apparition de Natalie Portman dans un long métrage au cinéma… Ca sent le talent à tous les étages !leon-projet-skynet06

On baigne encore dans le calme relatif de ce début de film, ce « calme avant la tempête », quand l’agent Stansfield (Gary Oldman) apparaît. Avec une scène mythique et un craquement de nuque mémorable, Gary Oldman craque la dope d’un Besson inspiré et fait démarrer le film avec ce qu’il a de meilleur : l’art de sublimer un personnage.

Léon, tout en références et en inventivité, s’impose comme un vrai film d’action. De la première à la dernière séquence, tout est calibré pour nous exploser à la gueule et faire péter le décor de toutes les manières possibles… Enfin, avec tous les calibres possibles plutôt. Des scènes de pure adrénaline, injectée par les canons toujours fumants de portes-flingues caricaturaux et moches à souhaits : le gros balourd, le rasta blanc, le débile, le peureux… Une palette de joyeux ripoux prêts à fumer n’importe qui n’importe quand, y compris femmes et enfants. Et ça Léon, il aime pas. Y a des règles, merde !

Va, Mathilda ! Va ! Au bout du couloir se trouve ton salut !

leon-1994-01-gEvidemment, à le regarder comme ça, Léon est un grand type mal assuré. Empêtré dans son imper élimé et ses pantalons trop courts. La démarche pataude et l’air à première vue bas du front, le bonhomme ne ressemble pas vraiment à un sauveur. Surtout lorsqu’on sait que sa meilleure amie est une plante d’intérieur et qu’il a une légère dépendance aux produits laitiers… des sensations pures (désolé, je n’ai pas pu pas m’en empêcher).

Mais faut dire qu’être nettoyeur, c’est pas censé être brodé sur ton pull en mohair. Alors heureusement que Léon sait se faire discret, parce que lui c’est un chef. LE professionnel même !

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Léon est à l’image de son personnage : d’apparence trompeuse, il réserve une force cachée en son sein. Sous ses airs de film un peu bourrin, il y a cette histoire tendre et fragile qui rapproche le grand nigaud de la petite peste. Il est délicat de définir de manière fermée la relation qui les unit. Il y a un lien père/fille, maître/élève, voire même amant/maîtresse. Mais attention, dans le sens amoureux du terme, rien chez Léon ne montre qu’il puisse sexualiser ses sentiments pour Mathilda, qui de son côté joue à un jeu qu’elle ne comprend même pas.leon-projet-skynet04

C’est cette toile de fond, ambiguë et attendrissante, qui permet au film de s’ancrer profondément dans nos amours cinéphiles. Et grâce aux articulations des scènes de castagne, l’histoire avance à son rythme jusqu’à atteindre son but. Léon dure le temps d’une histoire. Il y a un commencement et une finalité, pas besoin d’en dire plus. Ensuite c’est générique de fin, écran noir, et bonsoir.

Léon, c’est la découverte du talent de Natalie Portman. C’est la vitrine de l’immense jeu que possède Gary Oldman. C’est encore l’époque où on pouvait dire qu’on aimait Jean Réno, l’époque où Besson nous prouvait son amour du cinéma et qu’on voyait en lui un grand réalisateur. Léon, C’est plein de souvenirs et plein de références.

Léon, c’est une histoire d’amour sans le sexe, les balles en plus, sifflant tout autour. C’est l’histoire d’un tueur en pantalons trop courts qui apprend la Mort à une petite fille en bottines. C’est l’histoire d’une petite fille en bottines qui apprend la Vie à son amour de tueur en pantalons trop courts.

Et on aime ça…

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2 thoughts on “LÉON de Luc Besson (1994)

  1. Chouette analyse sur l’un des rares (le seul après Le Dernier Combat ?) films de Luc Besson -au casting assez dingue tout de même; tu as oublié Danny Aiello 🙂 – et que j’arrive encore à revoir sans zapper.

  2. Jeanba dit :

    Effectivement j’ai omis Aiello au générique de cet article, et je reconnais que c’est toujours un plaisir de le voir à l’écran.
    Pourquoi pas replonger dans sa filmo un de ces jours…

    Merci beaucoup pour ton commentaire !!

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