HASTA LA VISTA de Geoffrey Enthoven (2011)

Choisi par Phil, rédigé par Jeanba

« Fuck doctors and fuck Ryanair !!! »

Jozef, Lars & Philip dans Hasta la Vista.

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Dis, tu aimes l’humour anglais ? Le comique de situation et l’autodérision avec cette petite touche dandy ? Bah laisse tomber, parce qu’aujourd’hui on passe à l’humour flamand ! C’est pareil, mais sans le nœud pap’ et avec un côté naturaliste en plus. Dans Hasta la Vista on rit des choses sérieuses avec le regard brut de l’adolescence.

Autosave-File vom d-lab2/3 der AgfaPhoto GmbHL’adolescence, pour tout le monde, c’est le début du flirt avec l’indépendance. Mais pour certains, c’est parfois plus compliqué. Surtout si tes principales préoccupations sont de savoir si t’as encore de la batterie, non pas dans ton smartphone, mais dans ton p***** de fauteuil roulant ! Mais heureusement on peut compter sur les potes….

Enfin doucement quand même, on n’est pas avec des sprinters non plus. Le premier étant aussi monté sur roulettes et le second se débattant avec l’acuité visuelle de ma grand-mère par une nuit sans lune. Ha ! Mon cher, mon très cher Jozef… Comme la vie est belle par ton regard : totalement floue mais tellement colorée ! Non pas que Philip et Lars soient de mauvais mecs, juste qu’ils semblent avoir amorcé le processus vers la maturité, vers un regard plus froid et moins naïf sur le monde autour d’eux. Et puis, on a beau avoir un humour solide, le handicap ça crée quand  même quelques aigreurs.

Autosave-File vom d-lab2/3 der AgfaPhoto GmbHAlors que fait-on lorsqu’on aime le vin, qu’on est handicapé et toujours puceau ? Réponse : Rien. Non, tout faux : on va au bordel en Espagne ! Car Philip possède au moins une qualité, celle d’être le moteur de la bande. Normal, c’est le seul qui a un fauteuil motorisé. Sans sa soif d’“aventures” qui le travaille en permanence, le petit groupe serait sûrement resté beaucoup plus statique, à base de petites soirées dégustations de vins et de vie trop tranquille au domicile parental. Et très franchement, se faire dorloter par sa famille c’est pas désagréable, mais quand on devient un homme on a un peu besoin de se frotter à la vie. Face à l’autorité parentale et aux contraintes de la maladie, le mot d’ordre sera donc la jouissance.

Alors oui forcement, quand on demande l’autorisation à papa et maman de partir se faire déniaiser avec les copains, on raconte pas forcément toute la vérité. Autant parler Route des Vins, châteaux français et plages de la Méditerranée. Après tout, qui voudrait savoir ce que sa mère pense de son dépucelage, hein? Rajoutez à ce trio de vainqueurs une aide-infirmière-chauffeur qui sent bon le mazout et la rudesse des femmes du nord et vous avez l’équipe parfaite pour une fugue vers les rivages ensoleillés et les maisons closes avec rampes d’accès handicapés de la Costa Brava. Wouhou !

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Mais malgré ce côté décalé, le réalisateur Geoffrey Enthoven traite son film d’une manière tellement réaliste que rien ne nous semble moins crédible que cette histoire. Les rapports entre les gens sont du pur génie de justesse et de pudeur. Plusieurs échanges sont écrits avec le minimum de texte : la légèreté de l’instant, mais tellement chargée de sens. Notamment dans les rapports que Lars entretient avec sa famille (un vrai coup de cœur pour le personnage de la petite sœur). Parce que comme dans la vie, on préfèrera toujours n’avouer sa pensée profonde que par des mots simples ou de simples regards. Et puis, comme dans la vie, plus les choses semblent tristes et plus on a raison et besoin de rire.

Les caprices insupportables, la peur de la mort et la douceur infinie, c’est sous ces trois visages de la maladie que cette réelle comédie marque le cinéma belge d’une nouvelle perle. Sans trop en faire ni trop de voyeurisme, le réalisateur parvient à raconter une histoire drôle et émouvante.  Hasta la Vista c’est la parenthèse magique de l’éphèbe, l’aventurier et le candide. Mis à part un final peut-être trop rapide – ou simplement d’une tonalité un peu différente -, c’est un vrai morceau de bonheur et d’émotion.

Maintenant je peux l’avouer : j’ai depuis un léger sourire au lèvres en écoutant la chanson de Joe Dassin… Et trouvez-moi le numéro de Jozef, je tiens absolument à partir avec lui en vacances !!!

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3 thoughts on “HASTA LA VISTA de Geoffrey Enthoven (2011)

  1. Lezéromasqué dit :

    « Le second se débattant avec l’acuité visuelle de ma grand-mère par une nuit sans lune. » Rien que pour cette phrase je ne peux qu’aimer ta critique 😀 (sinon j’ai pas vu le film, mais ça donne envie ! )

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