GOOD MORNING ENGLAND de Richard Curtis (2009)

Sifflé par Phil, repris par Jeanba

« – J’ai un p’tit zob moi en tout cas, mais je m’en contente, comme ça je peux porter des sous vêtement moins grands.
– J’ai rien compris, ça doit être génial mais j’ai rien compris. »

Kevin et le Comte, Good Morning England.

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Sur Radio Rock il n’y a qu’une seule règle : pas de femme résidente. Enfin si, y’a Felicity mais elle ça compte pas, elle est lesbienne… Sinon, comme au Projet Skynet, on peut faire à peu près tout ce qu’on veut et, surtout, on écoute un max’, on diffuse un max’ et on vit à fond pour la musique ! Sur le bateau, chaque résident a une affectation. Pas de touriste à bord ! Alors quand le jeune Carl est envoyé à bord par sa mère afin d’y être « recadré » (what a brilliant idea !), la fine équipe du rafiot va se faire un plaisir de l’initier aux non-règles de la piraterie radiophonique.

tom-sturridge-good-morning-england-7S’inspirant de l’histoire vraie de Radio Caroline, radio pirate anglaise émettant depuis un bateau ancré dans les eaux internationales de la mer du Nord, Radio Rock est en fait une colonie de vacances pour ados tardifs. On a beau être une superstar des ondes comme le Comte, on a toujours besoin de jouer à celui qui a la plus grosse et de se mesurer aux copains avec toutes sortes de paris plus débiles les uns que les autres. Surtout lorsque revient Gavin, l’ancien caïd du micro, et qu’il risque de nous voler la vedette (aucun jeu de mot maritime ici, hein)… Heureusement que Quentin est là ! Quentin c’est le directeur de la colo, celui qui assure avec un dandysme nonchalant le lien entre tous à bord et calme les ardeurs de tous ses matelots pas comme les autres. C’est d’ailleurs en grande partie grâce à sa vision informelle et lucide que l’expérience tiendra si longtemps.

19071275.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa colo, on y va pour faire toutes sortes d’expériences : drogues, amitiés, alcool, soirées entre potes, etc. Parfois, on en profite même pour perdre sa virginité. Oui, parce qu’il faut bien avouer que sur le bateau, s’il y a bien quelque chose qui résonne en permanence (hormis la musique), c’est l’envie de sexe. Vous pensiez vraiment que parler du rock dans les 60’s n’allait pas inclure la question du « tout le monde tout nu !! » ? Z’êtes vraiment naïfs parfois, c’est pas croyable… Quand on vit pour le rock, on baise au rythme des distos de Stratocaster, on unit les corps sur des harmonies sauvages et on passe à autre chose comme on change de vinyl. Et c’est ça qui est bon !

C’est ainsi qu’on se transforme en homme, qu’on se construit un courage qui ne serait rien sans cette cohésion de groupe. Surtout lorsqu’on se trouve un ennemi commun vraiment très très méchant comme le gouvernement anglais de l’époque. On se retrouve à incarner un personnage qu’on ne se connaissait pas et on se pavane dans le rôle de son propre héros. Parfois nos véritables héros ne sont rien de plus que les hommes que nous serons demain, quand nous aurons enfin appris deux-trois trucs essentiels. Mais là maintenant, ce qui compte c’est l’intensité du moment, un moment de folie pure dopé à grands coups de musique et de sexe !

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Et puis en colo on vit chaque jour comme une expérience nouvelle. Pas d’hier, pas de lendemain. Tout s’oublie, tout se pardonne et rien ne se prévoit à l’avance. Les jours et les nuits se confondent, les limites s’estompent. Avec ou sans drogues, la notion de temps s’étiole pour rassembler toutes ces petites expériences et en faire un seul grand tout : le climax d’une aventure de vie inédite qui sera impossible à recréer. Une intensité qu’il est seulement possible de percevoir dans quelques (très) rares moments de lucidité.

Film Title: THE BOAT THAT ROCKED

Finalement, la colo c’est l’endroit où on ne veut pas aller au départ. Ca se transforme ensuite en une expérience qui nous aspire totalement et qu’on finit par quitter à grands, à très grands  regrets. Good Morning England, c’est la colo.

Film Title: THE BOAT THAT ROCKEDJe dois reconnaître que ces derniers temps l’ami Phil m’a plutôt gâté question BO de films. Mais là, c’est le pompon ! Hormis dans le très musical Forrest Gump ou les longues fresques « scorsesiennes », il est rare qu’un film arrive à enchaîner si rapidement et si justement autant de grands et bons morceaux. Loin de se lancer dans une analyse musicale poussée, le film aborde tout de même la musique sous une forme riche et totalement jouissive : l’illustration. Les morceaux (pas loin de quarante !!) ne sont pas ici amenés comme des objets de culte sacré, mais plutôt comme des costumes – ou même des acteurs – se mettant au service de l’émotion narrative. T’as rien compris à cette phrase ? C’est normal, moi non plus.

GOOD+MORNING+ENGLAND+PHOTO1Parce que l’histoire ne tient pas vraiment la route et parce qu’il s’y trouve une bonne humeur béate à faire pâlir un sitcom et ses rires enregistrés, Good Morning England a tout du film qu’on ne regarde que pour se faire du bien, mettre une bonne partie de son cerveau en veille et surfer sur une gentille vague d’émotions faciles. Juste pour pouvoir dire à la fin « Putain ça fait du bien !» Juste parce que parfois rien ne sert de courir après le complexe et qu’il suffit de raconter une bonne blague en exagérant juste ce qu’il faut pour que ce soit agréable, pour que ce soit fun.

Good Morning England c’est tout simplement un hommage drôle et léger au rock des 60’s et à ces quelques irréductibles de la zik’ qui, à une certaine époque, étaient prêts à tout pour propager l’amour du bon son au plus grand nombre. De véritables Croisés des temps modernes !

Merci, les gars ! Grâce à vous, encore aujourd’hui, on vibre dans nos petits cœurs de rockers !

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