GARDEN STATE de Zach Braff (2004)

Proposé par Jeanba, rédigé par Phil.

“I know it hurts. That’s life. If nothing else, it’s life. It’s real, and sometimes it fuckin’ hurts, but it’s sort of all we have.”

Sam dans Garden State.

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Bon alors… Il se passe quoi là, les gars ? Il s’appelle pas “Projet Skynet” votre blog ?? Genre “Skynet” => Terminator => Schwarzy tout ça ? Alors est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer ce que vient foutre une comédie romantique au milieu de ce fatras de testostérone, de serial killers, de coups6783_512x288_manicured__3GH1E6Qo40qRUd1S3UMLYw-thumb-450x253-27737 de poing dans la gueule et de fusillades ? HEIN ?? Non mais OH !! Va falloir faire le gendarme ici !!!

Du calme, les mecs, du calme… Comme on aime à le dire de par chez nous : “prenez-le facile” (“take it easy” pour les anglophones). Comme son nom ne l’indique pas du tout, le Projet Skynet est susceptible de se pencher sur tout type de films, ce qui inclut les comédies romantiques. Ok, j’ai vu Predator (1987) cinquante-six fois. Ok, je frissonne de plaisir à chaque fois que j’entends les coups de feu résonner dans Heat (1995). Mais une petite histoire à l’eau de rose de temps en temps n’a jamais fait de mal à personne. En tout cas, je n’ai rien contre. Et de toute façon, que ça vous plaise ou non, on fait ce qu’on veut comme d’habitude…

J’avais vu Garden State il y a quelques années et ça m’avait plu. J’avais d’abord été agréablement surpris en découvrant Zach Braff – le mec de Scrubs – dans un film et un premier rôlegarden_state_2004_500x332_497868 “sérieux”. Deuxième agréable surprise : la présence de Natalie Portman qui, entre Star Wars II (2002) et Star Wars III (2005), nous faisait l’honneur de venir se perdre dans le fin fond de ce New Jersey grisonnant pour y incarner une jeune femme pétillante, ultra-sensible, savoureusement “fofolle” et toute “mimi”. Un vrai petit rayon de soleil ! Enfin, j’avais eu droit à une troisième surprise au moment du générique de fin, lorsque j’avais percuté que Zach Braff avait écrit ET réalisé Garden State, son premier long métrage. Triplement surpris dans le bon sens, je restais donc sur une bonne impression concernant cette comédie dramatico-romantique.

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Le pitch : après des années d’absence, Andrew Largeman, un jeune homme de 26 ans complètement éteint, rentre dans son New Jersey natal pour les obsèques de sa mère. Au cours de son bref séjour, il y retrouve son psychiatre de père et ses gros branleurs de potes. Il y fait aussi – et surtout – la connaissance de Sam, une jeune femme pétillante, ultra-sensible, savoureusement “fofolle” et toute “mimi”. Alors qu’il affronte à nouveau une histoire familiale complexe et douloureuse, le décès de sa mère va faire l’effet d’un électrochoc sur Andrew. C’est l’occasion d’un nouveau départ. Il commence ainsi à faire table rase d’un passé pesant et à entrevoir un avenir plus radieux grâce à la fraîcheur, la sensibilité et l’innocence de Sam. Comme elle le lui dit, la vie fait mal parfois, mais quelque part c’est tout ce qu’on a, alors autant en profiter.garden-state-quotes-that-seemed-more-profound-in--1-11997-1360361824-4_big Et c’est finalement avec le cœur rempli de cet optimisme teinté de carpe diem qu’Andrew repartira du bon pied pour affronter cette “abysse infinie” qu’est la vie. Une belle histoire, quoi…

Alors est-ce la triple surprise dont je vous parlais plus haut qui m’a fait apprécier Garden State la première fois ? Il y a de fortes chances, oui. Car je l’ai revu il y a quelques jours et je me suis un peu ennuyé. Dans les grandes lignes, le film reste décalé et subtil comme dans mon souvenir. Mais cette fois-ci, j’ai été frappé par des longueurs pénibles et par un aspect trop “gnan-gnan”. ET J’AIME PAS QUAND C’EST TROP GNAN-GNAN, OK ?? D’autant que ce côté « mignon tout plein » est appuyé par une espèce de musique folk-pop-indé moderne qui semble ne jamais vouloir s’arrêter au point d’en devenir insupportable ! Le rocker qui sommeille (pas tant que ça) en moi a peut-être pris le dessus sur ce coup-là, mais je n’ai pas pu aller au bout des 13 titres de la BO. Elle est trop… ou pas assez… Bref. Dans le lecteur ci-dessus, vous trouverez le morceau qui m’a fait arrêter mon écoute en cours de route. Jugez vous-mêmes.

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Je ne suis clairement pas un grand fan de la folk-pop-indé moderne, encore moins lorsqu’elle est jouée par des p’tits chatons avec des écharpes. Mais tous les goûts sont dans la nature et je n’ai pas ici l’intention d’entamer la critique d’un genre musical. natalieportman_headphones_gardenstate_inline_1091046132De toute façon, je ne pense pas que le problème vienne de là. Pas seulement du moins… Car malgré une mise en scène pleine de bonne volonté et d’agréables instants « sourire », Garden State tire de trop grosses ficelles sentimentales et se veut d’une certaine complexité finalement trop superficielle pour être crédible. Un peu comme la musique en fait… Tiens, maintenant que j’y pense, le jeu des deux acteurs principaux est lui aussi à l’image de la BO : c’est soit “trop”, soit “pas assez”, mais jamais vraiment juste. Ca ne fonctionne pas. Je n’y crois plus. Dans le style “beau film romantique indépendant avec des jeunes Américains qui se cherchent”, je préfère largement un bon Juno (2007) ou (500) Days of Summer (2009), supérieurs en tous points au film de Zach Braff.

Quelques succinctes recherches « googlepédiallociné » plus tard, j’apprenais en plus que c’était un projet en partie autobiographique et qu’il avait déjà préparé sa BO avant de commencer le tournage. Autant vous dire que cela n’a pas du tout aidé à faire passer la pilule ! J’ai eu la nette impression que le message de Zach ressemblait à quelque chose comme : « Quand j’allais pas bien dans ma tête, j’ai écouté cette musique et ça m’a fait trop du bien dans ma tête lol ! » TROP GNAN-GNAN ! Que ce soit bien clair : je n’ai pas trouvé ça complètement nul non plus. Mais Garden State est excessivement complaisant et cherche trop à être dans l’air de son temps, à être « à la mode », pour réellement retenir mon attention. Un film à voir une fois, pas deux. Et encore…

L’ami Jeanba avait lui aussi un bon souvenir de son premier visionnage. Je m’en vais donc l’obliger à revoir Garden State afin de vérifier ma théorie. En attendant ce grand moment, je crois que je vais aller regarder Predator pour la cinquante-septième fois… Allez, salut !

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Bande annonce

Si vous n’avez pas un cœur de pierre et que vous aimez les p’tits chatons, continuez la magnifique aventure de Garden State ICI.

Pour les autres, je vous propose de vous nettoyer les oreilles avec ça :

HELL YEAH !!

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5 thoughts on “GARDEN STATE de Zach Braff (2004)

  1. J’avais moyennement accroché dès la première fois que je l’ai vu. Les autres fois ne m’ont guère convaincu. Il y a même quelque chose qui me gêne à vouloir plaquer du sentiment comme ça. Pourtant J’avais adoré le teaser, hyper prometteur, et je m’étais laissé convaincre par les critiques dithyrambiques de l’époque (je n’avais pas ma fameuse liste à l’époque 😉 ).

    Ton point de vue est assez juste: c’est un sujet assez beau (la chute concernant Large est bien trouvée) mais c’est amené avec trop de consensualité. L’introduction est assez réussie et la scène de la prise d’ectasy également. Mais bon, dans le même registre, j’ai largement préféré Happiness Therapy.

    • Phil dit :

      Ravi de voir que nous allons dans le même sens !

      J’avais peur d’y être allé un peu fort après avoir découvert que Garden State avait été nominé au Sundance festival et que la BO avait remporté le Grammy 2005 de la meilleure bande-son de film…

      Mais je n’y peux rien : trop de sentiment tue le sentiment !

  2. Fabien Baumann dit :

    Je trouve votre idée d’imposer à l’autre un film aimé assez réjouissante. Même si, en général, ces histoires-là finissent plutôt mal… Vous savez, quand on montre un film vénéré à l’être chéri, qu’après vingt minutes on se tourne pour inspecter discrètement ses réactions et qu’il ou elle… dort. Ou, pis, quand on demande au générique de fin si le film a plu et que fuse la réponse : « Ouais ouais, c’est sympa. »
    En revanche, enrichir sa propre vision d’un film qu’on connaît déjà bien grâce aux lumières et à la sensibilité d’un autre, c’est tout le bonheur de la cinéphilie…
    Bon courage pour votre blog, qui en plus est très joli à regarder.

    • Phil dit :

      Merci beaucoup pour cet encourageant commentaire, Fabien.
      Effectivement, nous nous réjouissons beaucoup en imposant nos films à l’autre. Chaque chronique est à la source de longues discussions et de bonnes parties de rigolades !
      Nous avons fait en sorte que personne ne s’endorme à aucun moment et, jusqu’ici, ça fonctionne ! Comme on dit : « Pourvu qu’ça dure ! » 😉

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