FEAR AND LOATHING IN LAS VEGAS de Terry Gilliam (1998)

Fourni par Jeanba, expérimenté par Phil.

« En tant qu’avocat, je te conseille de t’envoyer une gorgée de la petite bouteille brune qui est dans ma trousse de toilette. Il en faut pas beaucoup… Juste une petite goutte… »

Dr. Gonzo dans Fear and Loathing in Las Vegas.

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Le désert. Une Chevrolet décapotable rouge. Des chemises tropicales. Un porte-cigarette. A fond la caisse ! « Ca monte, ça y est je décole. Vaut mieux que tu conduises. » Des chauve-souris dans le ciel !! « Doux Jésus, c’est quoi ces p***** de bestioles ?!?!? »

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Une valise remplie de toutes sortes de drogues et d’alcool : marijuana, mescaline, acide, cocaïne, tequila, rhum, bières, éther pur, poppers. Une chanson country à la radio, One Toke Over The Line. Un auto-stoppeur. STOOOP !! « Attends !! Faut pas s’arrêter ici, c’est le pays des chauve-souris ! » Marche arrière ! Présentations : Raoul Duke, « docteur en journalisme », et Dr. Gonzo, avocat.

Las Vegas, Nevada. Tom Jones, She’s a Lady. Un ticket de voiturier. Montée d’AAAAAcide !! FEAR_AND_LOATHING_3RParano, sueurs, grosses gouttes. Les motifs du tapis se mettent à bouger ! Gonzo disparaît. P***** la femme au guichet se transforme en murène !! WOOOW… Gonzo réapparaît… Ouf ! Direction le bar. Deux bières bien fraîches, des cacahuètes. Le sol se transforme en boue… « Commande des chaussures de golf, autrement on sortira pas d’ici vivants. » Merde, Gonzo a encore disparu… Les cacahuètes sont des insectes ! normal_gonzo-del-torro-farewellLes clients sont des reptiles géants qui se mettent à forniquer partout… C’EST DEMENT !! Ah, revoilà Gonzo. Il a un truc bizarre à la voix. « Pitié !!! Dis-leur de mettre leurs p***** de chaussures de golf !!! Doux Jésus, quel bordel… »

Eté 1998. Du haut de mes 15 ans, je sors du ciné après avoir vu Las Vegas Parano et… et ben en fait, je ne sais pas trop ce que j’ai vu ni quoi en penser. Je me sens mal à l’aise. Je n’ai pas tout compris et je n’arrive même pas à savoir s’il y avait quelque chose à comprendre. Je ne sais pas si ce film m’a plu ou non. A l’époque, ce qui ressortait globalement de ce premier visionnage ressemblait à quelque chose comme : « WoOoOoW !! C’était quand même vachement chelou ce truc !! »

Il aura fallu attendre sa sortie en vidéo (ça nous rajeunit pas !) pour que Fear and Loathing in Las Vegas se retrouve élevé au rang de film mythique après avoir fait un bide relatif au moment de sa sortie en salles. Avec moi, ça aura été sensiblement la même chose : pour l’apprécier, j’ai eu besoin de le revoir avec un peu de recul… Beaucoup de recul même.

Fear and Loathing in Las Vegas / Fear and Loathing in Las VegasIl n’y a pas de véritable histoire, seulement deux types complètement défoncés qui se défoncent en allant à Las Vegas, qui se défoncent encore plus une fois arrivés à Las Vegas et qui partent de Las Vegas toujours aussi défoncés. On ne sait pas vraiment combien de temps a duré ce voyage, on ne sait pas vraiment si ce qu’ils ont vécu était bien réel. La seule chose dont on peut être sûr, c’est que leur valise remplie de drogues en a pris un sacré coup…

En adaptant l’œuvre (plus ou moins) autobiographique de Hunter S. Thompson – l’un des pionniers de cette forme de journalisme subjectif appelé « gonzo » -, Terry Gilliam parvient à nous faire ingurgiter du LSD visuel servi par une B.O. démente et un casting étonnant (Tobey Maguire, Cameron Diaz, Gary Busey, Christina Ricci). fear_typewriterLe résultat : ça fait « ZLING ! » dans les yeux, « BLAM ! » dans les oreilles et « SLASH ! » dans le cerveau ! On se retrouve au beau milieu du trip psychédélique de deux drôles d’allumés sous acide, magistralement incarnés par Johnny Depp et Benicio Del Toro qui sont tout simplement méconnaissables.

Mais au-delà de cette déroutante immersion sensorielle dans les hallucinations psychotropes de nos deux compères, Fear and Loathing in Las Vegas dépeint en fait une génération d’Américains en pleine redescente. Malgré toute sa bonne volonté, le mouvement hippie des 60’s ne sera pas parvenu à mettre un terme à la guerre du Vietnam et, en 1971, le drapeau de l’optimisme peace and love et de la contre-culture est en berne. Le Républicain Nixon est au pouvoir et fait la part belle à la grande majorité des middle classes qui n’aiment ni les cheveux longs, ni les fumeurs de joints. Une situation qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Easy Rider (1969), autre film mythique s’il en est.

Dans leur continuelle et pathétique recherche de défonce, Duke et Gonzo ne souhaitent finalement que continuer à vivre une époque bénie mais bel et bien révolue, une époque où il existait un rêve utopique qu’ils tentent désespérément de ressuciter en s’échappant toujours plus loin de cette terrifiante réalité. Il n’y a qu’à voir leur réaction quasi-allergique lorsqu’ils assistent à cette convention de policiers sur les narcotiques… Mais le problème avec la réalité, c’est qu’elle a souvent une fâcheuse tendance à vous rattraper à un moment ou à un autre.

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Les premiers paragraphes de cette chronique sont eux aussi « vachement chelous », je vous l’accorde. Mais c’est de cette façon que je tenais à vous donner – ou à vous rappeler – le ton du film : speed, décousu, incompréhensible et complètement ouf’. Vous pouvez d’ailleurs vous estimer heureux car, au départ, j’ai voulu raconter tout le film de cette façon. Je pensais qu’une chronique tout ce qu’il y avait de plus expérimentale irait bien avec Peur et Dégoût à Las Vegas (le titre québecois… sans blague). Mais quand j’ai vu la tête que faisait l’ami Jeanba en la lisant, je me suis dit qu’il fallait peut-être que je redescende de mon trip moi aussi.

Comme quoi, on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut… Mais un peu quand même…

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Bande annonce

Pour continuer le trip de Fear and Loathing in Las Vegas, c’est par ICI.

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3 thoughts on “FEAR AND LOATHING IN LAS VEGAS de Terry Gilliam (1998)

  1. L’un des meilleurs films de Terry Gilliam avec « Brazil » et « Les aventures du Baron de Munchausen ». Et bien plus efficace dans son propos que « Easy Rider », assurément historique, mais surestimé…

  2. projetskynet dit :

    … et « L’armée des 12 Singes » !! 😉

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