DOBERMANN de Jan Kounen (1997)

Grenade de Jeanba dégoupillée par Phil.

– Joe : “Qu’est-ce que t’as ?”

– Manu : “J’ai la taupe au guichet, faut qu’j’aille chier ma race !”

– Joe : “C’est occupé.”

– Manu : “J’peux pas attendre, moi ! Quand on m’coupe la trique, ça m’noue. Faut qu’j’évacue, c’est mécanique.”

– Joe : “Et ben vas dehors, t’as la nature pour toi tout seul.”

– Manu : “La nature ?!? J’lui chie d’ssus la nature moi, j’lui chie d’ssus !”

– Joe : “Ben justement, c’est le moment.”

– Manu : “Tu vas voir ce que j’vais lui mettre à la nature, tu vas voir !”

dobermann-projet-skynet

… Et le voilà qui va “chier sur la nature”. Il est déchiré, il fait ça presque devant tout le monde, mais ce n’est pas tout, il ne s’arrête pas là… Oh, ça non ! Cerise sur le gateau de la provoc’, Manu s’essuie carrément manuavec les pages des Cahiers du Cinéma après avoir souillé les eaux claires du canal de l’Ourq ! Et il aurait tout aussi bien pu prendre le Télérama juste à côté… La grande classe !

Bon, je vous l’accorde, on a déjà vu plus glamour pour entamer une chronique. Mais je trouve que ce passage résume assez bien ce qu’est Dobermann : un film de ouf’-malade, violent dans tous les sens du terme et sans concession !

Avec ce premier long métrage, Jan Kounen fait clairement passer un message. pitbullEn revanche, ne vous attendez pas à ce qu’il soit dissimulé entre les lignes… La finesse n’est pas – mais alors pas du tout – le style de la maison ! Je parlerais plutôt d’un bon gros coup de poing dans la gueule d’une heure et demie ou d’un hurlement dans un mégaphone branché sur le mur de son d’une rave à l’ancienne. Dobermann, c’est un cri venant du fond des tripes, vociférant bien fort dans nos oreilles : “Je vous emmerde tous et je fais ce que je veux !” Ma foi, j’adhère…

L’histoire est somme toute assez banale : un flic part en guerre contre le gang de celui que l’on appelle le Dobermann, un mec élevé depuis le berceau au grain du granddob banditisme parisien version Tontons Flingeurs et spécialisé dans le braquage de fourgons et de banques. Du déjà vu ? Assurément. Sauf que les codes du film de gendarmes et de voleurs à la française, Jan Kounen s’en va vous les défoncer à grands coups de violence gratuite, de fusillades au gros calibre, de courses-poursuites à cent à l’heure, d’explosions spectaculaires, de personnages ahurissants et de répliques mythiques… Les Tontons Flingueurs des 90’s sont complètement tarés, sous cocaïne et s’en foutent de tout. Avec eux, autant vous dire que ça dépote grave !

Kounen prend également un malsain plaisir à retourner la configuration “gentil flic/méchant truand” en créant le policier le plus flippant et le plus badass jamais vu dans le cinéma français :  Tchéky Karyo, au top de sa forme en vrai bad motherfucker ! Raciste, tortionnaire, kidnappeur, homophobe, brutal avec les femmes, toxico, violeur, meurtrier… Ça fait un beau CV, non ? nat

Face à cette pure ordure, les voyous ultra-violents, nihilistes et rigolards qui gravitent autour du Dobermann passeraient presque pour de gentils petits enfants de chœur. Toutes proportions gardées, bien sûr…

Sur-boostées par un casting impressionnant (Cassel, Bellucci, Duris, Levantal, Basler, Ortéga et les autres) et un montage dopé à l’adrénaline sur fond de musique techno, ces vingt-quatre heures de chasse à l’homme défilent à une furieuse vitesse : vous en prendrez plein vos mirettes, plein vos esgourdes, plein la tronche !

Tous ces ingrédients font de Dobermann une petite pépite de cinéma, à la fois électrique, instable et explosive. Humour, violence et provocations en tous genres s’alternent dangereusement, comme si on jonglait avec des grenades dégoupillées. Âmes sensibles, je vous conseille donc de passer votre chemin. Les autres, foncez en (re)prendre une dose !!

christini

Bande annonce

Pour plus d’infos sur Dobermann, c’est ICI.

Plus de lecture ?

Tagged , , , , , , , , , , ,

2 thoughts on “DOBERMANN de Jan Kounen (1997)

  1. Julien PaTox dit :

    Ah …! du grand FILM !
    Et surtout, ne pas manquer à la suite de ça mais qui va avec, mis dans la version de luxe du DVD de l’époque , le magnifique court-metrage « VIBROBOY »,
    http://www.youtube.com/watch?v=9NwEUQGCA40
    encore un MUST, avec notre amis le curé … 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *