DIRTY DANCING d’Emile Ardolino (1987)

Proposé par vous, choisi par Jeanba, rédigé par Phil.

“C’est pas tellement les changements qui m’embêtent, mon vieux Tito, c’est plutôt que rien n’est plus pareil.”

Max Kellerman, Dirty Dancing.

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Malgré le fait que cette phrase ne veut strictement rien dire, ce bon vieux Max n’a pas tout à fait tort. Et pourtant, si rien n’est effectivement plus pareil, certaines choses ne changent pas…

Un premier truc qui ne change pas : dès qu’il s’agit d’un film pour adolescentes en chaleur dans le Projet Skynet, c’est Bibi qui s’y colle ! Et ouais, deux mois après m’être coltiné trois heures et quart de naufrage titanesque et d’histoire d’amour qui tombe à l’eau (oui je refais la même vanne, je fais ce que je veux) je repars aujourd’hui sur le front périlleux de la comédie romantique m’embourber dans l’eau de rose jusqu’aux oreilles parce que VOUS, mes amis, l’avez choisi… 5115740_stdJe vous adore, les mecs ! Changez rien !

Un deuxième truc qui ne change pas : dire en société que Dirty Dancing est un film tout pourri quand on est un garçon peut avoir de graves conséquences, même si c’est vrai. M’y étant déjà essayé une ou deux fois – et je ne suis pas un cas isolé -, je peux vous assurer que l’hostilité des femmes présentes dans l’assistance se fera très rapidement ressentir : blancs gênants, regards assassins, engueulades, balayettes, coups de genou sautés etc. Après avoir réalisé que je venais de proférer l’équivalent du pire des blasphèmes et d’éviter de justesse la lapidation à laquelle mes propres amies semblaient vouloir me destiner, j’ai donc décidé de ne plus jamais – je dis bien JAMAIS ! – aborder en public le sujet ultra-sensible qu’est Dirty Dancing. Et pourtant, une question continue de me tarauder (ça doit être mon côté taquin) : MAIS POURQUOI, BORDEL ???

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Voilà une question qui mérite d’être posée : pourquoi Dirty Dancing est-il devenu LE film culte, le Saint Graal cinématographique de toute une génération de nanas ? Malgré le fait que votre choix de film représente effectivement un tacle à la gorge par derrière sur mon humble personne, j’ai tout fait (tout !) pour le regarder avec la plus sincère objectivité, pour essayer de comprendre cette énigme. Mais rien n’y fait. Je pige toujours pas pourquoi…5116071_std

La raison ne peut pas être cette histoire d’amour impossible, aussi originale et passionnante que toutes celles qu’on nous ressort régulièrement depuis 1597, date à laquelle Shakespeare a publié Roméo et Juliette pour la première fois. Un petit rappel s’impose : l’été 1963, “Bébé” Houseman, pucelle coincée de 17 ans et fille d’une riche famille juive, s’éprend de Johnny Castle, le beau prof de danse goy d’un “kibboutz de vacances” de l’État de New York, et ce suite à une histoire de grosse pastèque (je vous épargne les détails mais au moins maintenant vous comprenez pourquoi on a dessiné une grosse pastèque…). Alors ok, même si Dirty Dancing place la barre au moins au même niveau que La Vérité si je Mens (1997) – ce qui est déjà pas mal -, je ne pense pas qu’il soit devenu un mythe grâce à son pitch. Même s’il faut reconnaître que Patrick Swayze est un tout petit peu plus sexy que Richard Anconina

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Alors pourquoi ? Le jeu d’acteur ? L’écriture, peut-être ? Non, je ne crois pas non plus. Le nez de Jennifer Grey lui enlevant déjà le peu de crédibilité qu’elle a, elle en rajoute une couche en jouant (très mal) un personnage déjà carrément insupportable : sa façon de marcher, de rire, de bouder “dans un coin”, de dire “papa, maman, je vais jeter un œil un peu partout” (ah bon ? Mais ça fait pas un peu loin ça ?), de répéter en un temps record tout ce que Johnny lui a appris depuis plus d’une heure de film article-2516710-19C5FA2500000578-49_634x358(ah oui, j’avais oublié : il lui apprend à danser comme une pro en quelques jours)… tout est horripilant chez cette meuf !

Quant au personnage de Johnny, beau gosse “rebelle” et attardé, adepte du port nocturne de wayfarers et objet sexuel pour quadragénaires fortunées (mais malgré lui, hein… c’est pas sa faute, c’est parce qu’il est “trop sensible”), il représente à mes yeux le niveau zéro du bad boy débile. Ce qu’il s’empresse d’ailleurs de nous prouver dès sa première réplique : “Salut les nullards !” Voilà ce qui s’appelle une belle entrée en matière, mon Johnny ! Putain mais qu’est-ce que je fous là, moi ??

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Partis comme on était partis, tous les seconds rôles ne pouvaient qu’être horribles et énervants… Et, à la surprise générale, ils le sont ! Y en a pas un pour rattraper l’autre ! Comme les autres “danseurs lascifs*” d’ailleurs (ben ouais, ils sont toute une bande !). Dès qu’il apparaissent à l’écran, ces derniers se sentent obligés de se frotter les uns contre les autres comme des animaux en répétant les mêmes mouvements de “Danse Lascive*” tout au long du film. dance-clubIls ajoutent ainsi une touche de ridicule très appréciable à Dirty Dancing. A croire qu’on est en pleine période de rut… Mais jetez-leur un seau d’eau froide, merde !!

Allez tiens, j’en profite pour décerner une mention spéciale à nos chers doubleurs français. Assumer à ce point-là de prendre du LSD pendant les heures de bureau est une sacrée preuve de courage. Franchement, chapeau les mecs ! Et finalement, quand je vois que même les génériques de début et de fin se foutent carrément de ma gueule (si si, c’est possible : ce sont les mêmes !), je me dis qu’à part quelques chansons sympas et une scène de danse finale – il faut bien l’admettre – plutôt réussie malgré un gros anachronisme musical, j’ai quand même bouffé du grand n’importe quoi du début à la fin !

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Alors pourquoi ce film a-t-il tant plu à nos copines, à nos frangines, à nos cousines et même à ta mère ? Ben si on y réfléchit deux secondes, c’est assez simple en fait : le personnage incarné par Patrick Swayze est trop rebelle, il est trop beau, il est trop bien foutu, il danse trop bien et, surtout, il tombe amoureux d’une fille moche et casse-couilles (oublions les aspects financier et religieux de l’histoire, ça risque de faire mauvais effet… surtout en ce moment !). Du coup, le reste on s’en fout complètement parce que Dirty Dancing est un message d’espoir pour toutes les filles à la recherche du Prince Charmant. Enfin pour toutes les filles, quoi… jennifer-grey-patrick-swayze“T’as beau être moche et casse-couilles, un jour ton Prince viendra ! Je te le promets d’amour avec des cœurs !” Typiquement le genre de truc que nous, les garçons, on peut pas comprendre. Ou plutôt qu’on évite de comprendre… Enfin bref.

Finalement, Dirty Dancing c’est l’équivalent d’un Rambo (le II ou le III, parce que Rambo, First Blood il est bien) mais pour les filles : un film débile que le sexe opposé ferait mieux de ne pas chercher à comprendre.

Comme le dit le titre du bouquin, Les Hommes Viennent de Mars, Les Femmes de Vénus, et c’est pas faux ! Mais moi aujourd’hui, j’ai plutôt envie de dire : Les Femmes Adorent Dirty Dancing, Les Hommes Préfèrent Rambo…

A méditer…

Allez, bisous !

P.S. : Au fait, j’ai oublié un troisième truc qui ne change pas : les filles, vous me ferez toujours marrer à essayer de faire le fameux porté de Dirty Dancing en soirée alors que vous êtes complètement bourrées… Dédicace !

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Bande-annonce (dont je me serais bien contenté…)

Toutes les infos sur Dirty Dancing ICI.

* : Vive le Québec libre !

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