COCKTAIL de Roger Donaldson (1988)

Commandé par l’un de vous, shaké par Jeanba, servi par Phil.

“Everything ends badly, otherwise it wouldn’t end.”

Brian Flanagan, Cocktail.

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Pour vous situer vite fait l’intrigue, il faut savoir qu’entre sa carrière de pilote de chasse et sa carrière de pilote de stock-car, Tom Cruise a été barman. Me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Bon ok, je vous l’accorde, c’est un tout petit peu moins sexy. Mais Tom Cruise étant comme d’habitude le meilleur dans tout ce qu’il entreprend, on l’excusera tout de même de devenir le meilleur barman de tout New York. BehindTheBarEt en plus tout le monde sait qu’être barman ça permet de pécho plein de meufs ! Du coup c’est un job parfait pour notre ami beau gosse à la dent physio-centrée.

A l’origine, Cocktail c’est donc l’histoire de Flanagan qui sort de son service militaire et qui se dit : “faire des pompes et récurer les chiottes toute la journée c’est nul (je ne pourrai jamais me payer mes soins orthodontiques). Je veux devenir millionnaire”. Voilà un objectif on ne peut plus louable, surtout dans les 80’s, décennie faste pour le Rêve américain en slip taille haute. 1358352961_2Il s’incruste donc dans le premier bus pour New-York et achète un livre dont le titre laisse planer un insoutenable suspense quant à son contenu : Transformer son idée en un million de dollars. Vous savez, c’est ce genre de bouquins dont nos amis Américains raffolent et qui leur servent de coach de vie. Des livres tels que Comment la taxidermie a sauvé ma vie, ou Comment se faire aimer de ses collègues de bureau lorsqu’on est un sale con ou encore Trouvez Dieu dans vos Choco Pops. Flanagan adore ce genre de littérature. Il ne jure que par ça. Le voilà donc armé (jusqu’aux dents) pour aller croquer la Grosse Pomme (à pleines dents).

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Une fois arrivé, il enchaîne les entretiens d’embauche à Wall Street et dans les agences de com’ (c’est déjà une belle performance) où ils pourraient, se dit-il, avoir besoin d’une petite raclure aux dents longues dans son genre, bien ambitieuse et arrogante. N’ayant aucun diplôme, il n’essuie qu’échecs, refus et autres foutages de gueule. Jusqu’ici, tout est normal. SCocktail 6auf qu’au lieu de devenir serveuse dans une cafétéria ou dealer de crack dans le Bronx comme tout le monde, il devient barman pour pouvoir se payer ses études et il se fait embaucher par Doug Coughlin qui va devenir son mentor et ami. Et c’est à partir de là que l’on découvre tous les “ingrédients” de Cocktail.

Je vous rassure de suite, c’est pas bien compliqué. Tout réside dans le fait que, malgré leur indéniable talent pour balancer des bouteilles, des glaçons et des shakers dans tous les sens pour faire leurs cocktails, Flanagan et Dough sont deux gros débiles dans tous les aspects de la vie, notamment en amitié et en amour. Et ouais, je suis navré de vous annoncer ça comme ça, les mecs, mais va y avoir de l’histoire d’amour à deux balles en veux-tu en voilà, vous n’y couperez pas… Tom Cruise + 80’s = pas le choix.

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On pourrait facilement imaginer qu’étant barman, ils n’ont pas pu s’empêcher de sombrer lamentablement dans l’alcoolisme ou un truc du genre. Mais non ! Au final, Dough et Flanagan ne se prennent que très peu de bitures, ce qui est tout de même assez décevant pour une histoire se passant dans des bars et dont les personnages principaux sont deux barmen qui font des cocktails avec de l’alcool. Et ils sont même pas drôles quand ils sont bourrés, ces cons ! Je serais même tenté de dire qu’ils ont l’alcool mauvais. Le comble ! Bref, passons… 1 biggAlors si l’alcoolisme n’est pas la raison de leur débilité, “mais qu’est-ce que c’est, bordel ???”, allez-vous me demander à juste titre. Je vais vous expliquer…

Flanagan et Dough ont tous deux un ego surdimensionné et ne pensent qu’au fric. Ces passions qu’ils partagent les entraînent à faire des paris débiles et à croire que le dernier qui parle a toujours raison. Tout à fait le genre de mentalité que j’adore. Et tous les événements “importants” du film seront amenés par ce genre de paris débiles. Exemple :

FLANAGAN : Hier soir j’ai rencontré une meuf et je crois que jla kif tro abaz 2 lov. En plus elle a tout plein de pognon.

DOUG : N’importe quoi lui ! Moi je m’y connais grave en meuf et laisse-moi te dire une bonne chose, petit : ta meuf est une salope. D’ailleurs, je te parie 50 $ qu’elle se tape un autre mec avant dimanche.

FLANAGAN : Wo l’autre et… Je suis sûr que c’est pas vrai d’abord. Pari tenu !

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Vous voyez le niveau… D’autant que pour prouver son point de vue et gagner son pari, Dough va lui-même aller se taper la meuf de Flanagan. Très classe ! Comme on dit : avec de tels amis, pas besoin d’ennemis. Et ça continue comme ça pendant tout le film. Franchement, deux personnages à ce point imbus d’eux-mêmes et stupides ne devraient pas avoir le droit d’être amis. gal-cocktail14-jpgIl faudrait adopter une loi là-dessus.

Déjà simplement nul et inintéressant, Cocktail est en plus débile et carrément malsain. Il repose sur une morale douteuse dans laquelle le pognon est roi et c’en devient carrément écœurant. D’habitude, c’est d’ailleurs la preuve irréfutable qu’on vient de foirer son cocktail, non ? Surtout lorsqu’on me balance en prime des morceaux dégueulasses de glam-rock tout pourri dans les oreilles et qu’on me fait revivre les cauchemars capillaires et vestimentaires des 80’s. Là, je suis dans un état de santé hésitant entre le coma éthylique, la crise d’épilepsie et l’envie de tout péter ! Ces connards n’auront finalement réussi qu’à me gâcher un lendemain de cuite comme je les adore sans même m’apprendre une seule recette de cocktail.

Ils auront également entraîné la fin du Projet Skynet étant donné que c’est mon “ami” Jeanba qui a choisi cette purge en néons roses et bleus dans la liste de vos propositions et que maintenant, je le déteste profondément de toute ma haine.

L’amitié 2014, décidément un très grand cru…

Allez salut ! Et bonnes vacances sans modération à tous !

EBERT COCKTAIL

Bande-annonce pourrie mais amplement suffisante

Pour en savoir plus sur Cocktail, c’est par ICI.

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6 thoughts on “COCKTAIL de Roger Donaldson (1988)

  1. Bah alors, c’est pas encore la rentrée ? Toujours en train de siroter des Mojitos sous les palmiers en écoutant Kokomo ?

    • Phil dit :

      Hello, Prince !
      La rentrée devrait avoir lieu la semaine prochaine, ce qui nous laisse juste assez temps pour nous acheter une nouvelle trousse et descendre quelques mojitos de plus 😉
      J’en profiterai même pour aller ciné, qui sait ? J’avoue être assez curieux de voir comment s’en sortent les ratons-laveurs et les primates-savants…
      J’ai lu ton papier sur Les Gardiens tout à l’heure. Nous aurons donc certainement l’occasion d’en reparler très bientôt.

      • Je suis prêt à batailler ferme sur le sujet !

        • Phil dit :

          Oui, j’ai vu ça à la suite de ton article 😉

          Ecoute, même si je te rejoins sur le problème de l’épaisseur du scénario, cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment.
          Malgré des doutes dans la première demi-heure, j’ai réussi à développer une certaine affection pour chaque personnage et apprécié cette forme d’humour décalé. Ca m’a un peu fait penser à l’humour « Tony Stark » que j’aime beaucoup. Et surtout, je me suis fait avoir dès le générique par l’utilisation du « Awesome Mix vol.1 » dans ce contexte futuriste de « galaxies lointaines, très lointaines… » Idée de génie !

          En bref – et c’est un mec qui n’a jamais lu de comics de sa vie et qui n’avait aucune attente particulière en allant au ciné qui te parle -, j’ai trouvé le film léger, décomplexé, fun et plutôt maîtrisé dans son ensemble (malgré son manque d’épaisseur, chose que je te concède encore une fois). De nos jours, je trouve ça plutôt rare donc je n’en demande pas plus !

          • Ok,ok, j’entends bien tous ces arguments décomplexés, fun et tout le toutim. Enfin ça reste du décalage contrôlé. Ceci dit, j’ai p’tête loupé quelque chose en faisant mon grognon durant toute la projection.

          • Phil dit :

            Ca c’est sûr que c’est bien contrôlé 🙂 Mais ça m’a donné une impression de « nouveau » et du coup c’est passé. Et puis le « Awesome Mix vol.1 », je sais pas si je t’en ai parlé 😉 Il ne m’en fallait peut-être pas beaucoup non plus…

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