COBAIN : MONTAGE OF HECK de Brett Morgen (2015)

Rédigé par Phil.

“Just because you’re paranoid, don’t mean they’re not after you.”
Kurt Cobain dans Territorial Pissings.

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Vous l’aurez peut-être compris depuis le temps, au Projet Skynet, la musique, on aime bien ça. Si aujourd’hui de menues divergences nous font emprunter des voies différentes au moment des concerts et des festivals, la bordélique bâtisse de notre amour pour la musique repose tout de même sur une solide fondation commune en forme de credo absolu et immortel : le rock’n’roll, c’est sacrément chouette ! Et vu les trentenaires que nous sommes, force est de reconnaître que, capture-decran-2016-09-23-a-00-05-00parmi les mecs ayant fait naître chez nous cette passion pour le rock, l’incontournable Kurt Cobain se trouve tout naturellement en première ligne.

Cobain : Montage of Heck, ne se contente pas de nous replonger dans le souvenir nostalgique d’une époque révolue dans laquelle porter des fringues crades et déchirées, brailler des chansons comme un forcené et se jeter dans la batterie de son pote en fin de concert était considéré comme “trop cool”, même si c’est déjà pas mal. La réminiscence est effectivement assez agréable, mais LE documentaire ultime sur l’étoile filante du grunge va bien plus loin que ça. Il apporte un regard nouveau sur tous les événements ayant contribué à façonner cette rockstar malgré elle qui semblait destinée à entrer avec éclats dans le club très fermé dit “des 27”,960 le gamin d’Aberdeen trônant en effet désormais aux côtés d’autres prestigieuses étoiles filantes parties trop tôt telles que Jimi Hendrix, Janis Joplin ou Jim Morrison.

L’avant-dernier truc lui ayant traversé la tête aura finalement été la bonne idée de laisser derrière lui un tertre de journaux intimes, dessins, paroles, montages audio, vidéos privées et, bien évidemment, de souvenirs chez l’ensemble de ses proches, pour que le réalisateur Brett Morgen puisse décortiquer et expliquer, avec minutie et beaucoup de talent, le parcours d’un petit génie du chaos, mal dans sa peau, terrorisé par le regard et le jugement des autres, incompris de son vivant et, finalement, pas beaucoup mieux cerné depuis. Ainsi, le petit blondinet de 3 ans hyperactif et déjà accro’ à son magnétophone et à sa guitare aura donc été une énigme pour tous, ses parents comme son public, tout au long de sa courte vie. capture-decran-2016-09-22-a-23-51-06Trop à donf’ pour être un gosse normal, trop largué pour être un ado normal, Kurt n’avait tout simplement pas les armes pour devenir une star ou un père “normal”.

Avec la puissance électrique d’une chanson punk écrite à l’aide de deux accords et l’intimité gênante d’un couple de drogués se filmant à poil dans leur salon, Brett Morgen parvient ici à dresser le portrait tragique et touchant de la dernière vraie star du rock moderne, un gamin talentueux et déterminé qui, depuis l’enfance, a toujours vécu dans l’hypersensibilité et la peur du rejet. Sale mélange, apparemment… Mais bien rock’n’roll quand même !

Allez, salut !

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La fiche complète du film.

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3 thoughts on “COBAIN : MONTAGE OF HECK de Brett Morgen (2015)

  1. princecranoir dit :

    Belle initiative que ce retour sur le portrait du feu follet du grunge. Belle idée de départ que cette cassette en forme de madeleine (un ptit côté Gardien de la Galaxie avant l heure, comme si le vociférations du chanteur résonnaient toujours aux confins de notre univers musical). Et un angle d attaque assez juste qui évite les theories fumeuses façon « Kurt&Courtney » tout en evitant la pure hagiographie. Enfin, belle illustration que ces dessins animés rappelant  » the Wall » qui nous emportent dans l intimité des etats d âme pas très joisses de Cobain. Du doc comme ça on en redemande !

    • Phil dit :

      Salut, cher Prince ! Et merci pour ton commentaire.
      Ce doc fut une très bonne surprise dans la mesure où Morgen évite – et ce avec beaucoup de classe – les écueils dans lesquels d’autres auraient facilement pu tomber (surtout sous le regard de Courtney et Frances). Je suis d’ailleurs allé lire (relire même, je crois) ton analyse qui confirme – et ce avec beaucoup de classe 😉 – mon sentiment. Pour avoir vu depuis le doc sur Amy, intéressant mais bien trop « classique » à mon goût pour sortir du carcan de la biographie voyeuriste, Montage of Heck apporte une puissance brute par son originalité de réalisation et sa prise de position assez couillue. Fallait quand même oser poser ces questions à Maman Cobain et Courtney ! Et, réciproquement, qu’elles acceptent de faire en public ces étranges et assez dérangeantes rédemptions, plus ou moins foirées d’ailleurs. Un doc “grunge” par excellence, finalement…

      Il ne nous reste plus qu’à attendre de découvrir la playlist du Awesome Mix vol.2. M’est avis qu’un petit “Negative Creep” y aurait sa place de choix. Cela te ferait peut-être apprécier, davantage que le premier du moins, ce deuxième volet à venir… 😉

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