CASINO de Martin Scorsese (1995)

Misé par Jeanba, relancé par Phil.

“Ce fut la dernière fois qu’on confia à des p’tites frappes comme nous quelque chose d’aussi foutrement juteux.”

Nicky Santoro dans Casino.

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“Vous en avez par-dessus la tête des blagues douteuses de Tonton Gégé, des réflexions homophobo-racistes de Mamie Colette et des incessants caprices du petit Kevin qui gâchent chaque année vos repas de Noël et du Jour de l’An ? Le Projet Skynet a la solution à votre problème : le CASINOPOLY !

casino_2Le CASINOPOLY, c’est LE jeu de société inspiré du film Casino qui va révolutionner vos soirées en famille ! Les règles sont simples : incarnez l’un des trois personnages principaux du film (Sam le bookmaker juif, Nicky le mafieux italien ou Ginger la prostituée de luxe) et essayez de devenir le maître de Las Vegas. Cambriolages, passages à tabac, sexe, corruption, meurtres, proxénétisme, blanchiment d’argent, drogue : tous les moyens seront bons pour assouvir votre soif de pouvoir, écraser les autres joueurs et vous emparer de la couronne du Big Boss de Vegas ! Mais, faites bien attention car votre parcours sera parsemé d’embûches et de tentations en tous genres. A chaque instant, vous pourrez y laisser votre raison… ou pire, votre peau !

Parviendrez-vous à survivre dans l’univers impitoyable du CASINOPOLY ? C’est ce que nous allons voir… Les jeux sont faits, rien ne va plus !”

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Le CASINOPOLY, c’est vraiment un jeu sympa. Étant donné que les personnages sont issus du “milieu”, on peut faire à peu près tout ce qu’on veut. Et moi, j’aime bien quand on peut faire ce qu’on veut. No limit, les mecs ! Tu veux parler aux gens comme s’ils étaient des moins que rien parce que tu gères un casino et que t’es plein aux as comme Sam ? C’est possible ! Tu veux faire des cambriolages et assassiner des gens avec des stylos plume et des étaux de menuisier parce que t’es un grand psychopathe ultra-violent comme Nicky ? Pas de problème ! Tu veux te faire offrir tous les bijoux et les manteaux en chinchilla que tu désires et devenir la Reine du Strip de Vegas comme Ginger ? Suffit de demander !casino Y’a pas à dire : ces trois-là ont la belle vie et tout semble leur sourire. Malheureusement, il y a un revers à cette médaille…

Ben ouais, les mecs ! Si les choses étaient aussi simples, j’ai envie de vous dire que ça se saurait ! En fait, le seul petit hic au CASINOPOLY, c’est qu’il n’y a qu’un seul véritable maître du jeu. Et c’est un taquin, le mec ! Je dirais même plus, c’est un “malin”… Parce que lorsque tu commences à lancer les dés sur le plateau et à avancer tes pions au CASINOPOLY, tu viens sans le savoir de commencer une partie avec le plus redoutable des adversaires : Lucifer a.k.a. Belzébuth a.k.a. Satan a.k.a. le Diable en personne, les mecs ! Le Diable et son royaume, ici matérialisé par la “Capitale du Vice”, la Gomorrhe moderne, cité tentatrice par excellence dont les richesses infinies et les milles feux de néons multicolores attirent les truands assoiffés de pognon comme un irrésistible chant des sirènes. Et on sait tous comment ça finit les histoires de sirènes : en queue de poisson (pardon)…

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Dès les premières secondes de Casino, il paraît donc évident qu’on est sur le point d’assister à une véritable descente aux enfers. Il n’y a d’ailleurs qu’à jeter un coup d’œil au costume que porte De Niro pour en être définitivement convaincu… Et quand on sait que des costumes de ce genre il va y en avoir environ 69 autres  pendant près de trois heures (véridique !), on pourrait même en arriver à se dire qu’elle va être carrément longue cette descente aux enfers ! Mais ce serait sans compter sur le talent de Martin Scorsese qui nous balance ici le chef-d’œuvre “gangster” de sa carrière. casinoOuais les mecs, ni plus ni moins.

Mêlant histoire américaine, violence crue et lyrisme quasi-shakespearien de façon spectaculaire, Scorsese reprend la recette de The Goodfellas (1990) et la fait passer à un niveau bien supérieur grâce à une mise en scène et à une esthétique beaucoup plus travaillées. A travers l’ascension et la déchéance d’une bande de gangsters, il nous entraîne au cœur du Las Vegas des 70’s et peint la fresque tragico-rock’n’roll d’une love story ainsi que d’une époque et d’un mode de vie aujourd’hui révolus. Dès la première heure, on est briefés en détail sur les nombreux rouages permettant aux vieux pontes de la mafia de Chicago de s’en mettre plein les fouilles grâce à ce diabolique petit coin de paradis. Inspiré de faits et de personnages réels, rythmé par une BO on ne peut plus immersive, sans aucun temps mort, ce docu-fiction en est d’autant plus hallucinant. Une leçon d’histoire, une leçon de cinéma… Bref, une claque monumentale !

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Et pour les personnages justement, voilà le casting de ouf’-malade ! D’un côté, on a un incroyable duo de narrateurs : Robert De Niro et Joe Pesci. Le premier est froid, sévère. Il calcule tout et ne laisse rien au hasard. L’autre, à l’inverse, est capable d’exploser à tout moment. Frères ennemis que tout semble opposer, ils sont pourtant viscéralement complémentaires : l’un n’est rien sans l’autre. Ils représentent la dualité dans tout ce qu’elle peut avoir de plus extrême et de plus dangereux. Et en face de ce monstre bicéphale, une surprenante Sharon Stone nous offrant certainement le meilleur rôle de sa carrière, celui d’une femme prisonnière de son passé et de sa vénalité, magnifique ange déchu incapable de résister aux tentations de la “Ville du Péché”. Un trio tout simplement éblouissant !casino1 Et lorsque ces trois-là se lancent dans une partie de CASINOPOLY et qu’ils signent sans le savoir un pacte avec le Diable, vous imaginez bien que ça va complètement partir en sucette ! Voilà, c’est ça Casino.

Casino, c’est un peu comme si Mozart jouait l’un de ses opéras avec pour seul orchestre des Rolling Stones complètement défoncés. Casino, c’est un western avec des hors-la-loi sous cocaïne ne connaissant aucune limite. Casino, c’est le vol d’Icare version mafia italienne. Casino, c’est un Triangle des Bermudes formé par un paranoïaque, une toxico et un psychopathe : tout doit disparaître et tout va disparaître, c’est écrit dès les premières notes.

Casino, c’est l’Apocalypse selon Scorsese sous les néons de Las Vegas. La fin d’un monde.

Casino, c’est tout simplement un p***** de film !

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Bande-annonce

Pour en savoir plus sur Casino, le fiche du film ICI.

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