BELLFLOWER d’Evan Glodell (2011)

Proposé par Jeanba, rédigé par Phil.

“I am gravely disappointed. Again, you have made me unleash my dogs of war”, Lord Humungus dans The Road Warrior (1981).

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Aaaah, la Californie… L’Etat américain le plus cool pour tous les jeunes gens ayant décidé de ne strictement rien faire de leur vie à part se la couler douce et faire ce qui leur plaît. En Californie, l’argent n’existe pas, les loyers des appartements n’existent pas, l’inflation du prix de l’essence n’existe pas. En Californie, les voisins chiants n’existent pas non plus, il n’y a que des 25-35 ans sympas et beaux gosses qui aiment faire la fête et rigoler. En Californie, il fait beau, l’océan est chaud et la bière est toujours fraîche. En Californie… (“bruit de vinyle qu’on arrête brutalement”…)

La petite ville de Bellflower en Californie est ici une sorte de monde “merveilleux” imaginaire. L’endroit où toute une génération de jeunes américains désabusés se retrouve pour vivre oisivement en marge d’une société qui ne leur correspond pas, ou plus du tout. C’est ici que vivent Woodrow et Aiden.bellflower-movie-flamethrower-medusa-evan-glodell
Sympas, cultivés, drôles, créatifs (Jeanba aime bien les films dont les personnages sont créatifs…), les deux potes partagent la même non-appartenance et la même incompréhension de la société, la vraie. A tel point que la fin du monde tel qu’il existe apparaît à leurs yeux comme l’unique échappatoire, le seul moyen qu’il leur reste pour pouvoir enfin commencer à vivre.
Dans cette optique fantasmée d’une Apocalypse à la Mad Max – film dont ils sont complètement fans -, Woodrow et Aiden passent leur temps à fabriquer les instruments qui leur permettront de survivre dans cet univers post-cataclysmique : un lance-flammes et une voiture surpuissante. C’est le projet “Medusa”.
Le projet avance plutôt bien. Sauf que Woodrow fait un soir la connaissance de Milly, une jeune femme pétillante, drôle et folle comme lui. Commence alors une histoire d’amour qui sera, pour tous les protagonistes de Bellflower, lourde de conséquences…

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Bande annonce

A la trente-troisième minute du film (… et quarante-cinq secondes pour être précis), j’envoyais un petit texto à Jeanba : “Bellflower, ça déchire” ! Et c’était vrai : les images étaient magnifiques, les idées étaient bonnes et ingénieuses, les acteurs jouaient juste et rendaient les personnages attachants dès le premier coup d’œil… Même la love story qui démarrait était décalée à souhait et faisait battre mon cœur comme celui d’une pré-ado devant un Twilight ! Pour couronner le tout, je suis moi-même un inconditionnel de The Road Warrior … Donc, forcément, je kiffais ! Mais – car il y a un “mais” – cet agréable sentiment d’être sur un petit nuage n’a malheureusement pas duré. Vers le dernier tiers du film, je me suis retrouvé bercé par de faux rythmes et étouffé par une Apocalypse psycho-sentimentale assez brouillonne. Le kiff n’y était plus, et j’étais finalement un peu déçu… Je vous laisse tout de même découvrir tout ça par vous-même sans trop vous en dévoiler.

bellflower2Avec ce premier long métrage, Evan Glodell – l’homme à tout faire de Bellflower (acteur, auteur, réalisateur, producteur, monteur, technicien de surface etc.) – me donne indéniablement envie de suivre ses prochains projets de très près.
Les bagnoles, les filles, la fuite en avant : le film se veut clairement être un emblème de la contre-culture américaine du XXIème siècle, comme avaient pu l’être en leur temps Vanishing Point (tiens, on le connaît celui-là…) et surtout Two-lane Blacktop (1971). Pendant un moment cela fonctionne et c’est très plaisant. Pendant un moment seulement…
En cours de route, comme essoufflé par de trop longs kilomètres, ce beau poème perd de sa saveur et se retrouve en panne sèche. Les belles images, les idées géniales et Mad Max ne parviennent plus à rattraper une écriture qui semble plus confuse qu’autre chose. A mon goût, Bellflower est un film certes très prometteur et carrément génial, mais aussi inachevé et inégal. C’est peut-être le niveau d’huile, je sais pas…

Si vous voulez en savoir plus sur Bellflower, rendez-vous ICI.

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