L’ARMEE DES 12 SINGES de Terry Gilliam (1995)

Choisi par Phil, rédigé par Jeanba.

« There’s no right, there’s no wrong, there’s only popular opinion. »

Jeffrey Goines, L’armée des 12 singes.

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Il praaît que l’odrre des ltteers dnas les mtos n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Il praaîtairt asusi qu’il n’y ait ni viétré ni msnonege, suelmenet des oiinpons. Qeul rpopart aevc les vaygoes dnas le tpmes me driez-vuos ? Le pnoit de vue, mon ptoe. Le pnoit de vue.

Ok, j’arrête d’écrire avec un Boggle, (tu sais le machin que tu secouais comme un malade juste pour faire un bordel monstrueux et dont tu te foutais bien de savoir quels mots on pouvait faire avec…aaaahhh, souvenir). Mais tout de même, ça prouve que notre façon de percevoir le monde est plus élastique que ce que nous croyons. Nous appréhendons les choses via des médias (les images, les odeurs, les sons sibyllins des compils Thunderdome…) et ces médias sont par définition des filtres qui déforment la réalité. Bah ouais c’est comme ça, le monde n’est pas réellement comme on le voit. Et ce qu’on appelle réalité n’est finalement qu’un point de vue.

twelve3Cependant, on accepte tous cette réalité déformée comme elle est. On ne va pas débattre tous les jours avec son chat sur la couleur du ciel, sachant qu’il peut voir les ultraviolets. Tu fais avec et pis c’est tout. Mais il y a des limites, car certaines choses peuvent commencer à ébranler nos repères, comme par exemple : les voyages dans le temps. Plus encore lorsque ceux-ci sont forcés. Et ça, James Cole va vite s’en apercevoir.

kinopoisk.ruPrisonnier purgeant sa peine en 2035, James a la possibilité de se racheter en devenant volontaire désigné, et en allant dans le passé enquêter sur les origines du cataclysme qui a conduit l’humanité à se terrer en attendant des jours meilleurs. Je ne vais pas vous mentir, dès le départ ça ne sent pas tout à fait le plan sans accro. James n’est pas vraiment le plus prompt à quitter son petit nid douillet de 2m sur 2m, et la technologie du voyage spatio-temporel semble encore en être à ses balbutiements. On reconnaîtra immédiatement le bordel organisé par ce vieux clown de Terry Gilliam, avec un petit arrière-goût de Brazil dans les décors qui n’aura rien pour me déplaire.

Terry Gilliam c’est cet ancien Monthy Python dont j’étais, gamin, tombé amoureux grâce aux Aventures du Baron de Münchhausen. Alors quand le génie décide d’adapter le moyen métrage français La Jetée avec au casting des types comme Bruce Willis ou Brad Pitt, ça sent bon le vertige extatique. Et vertige il y a !!! Tu croyais vraiment que foutre une machine à remonter le temps dans les mains de ce type allait se passer sans turbulences ?!

big_thumb_b7b7Asile de dingues et rencontre avec un Jeffrey Goines à l’œil fou, James Cole semble ravi d’enquêter dans les 90’s. La fin du monde est programmée et il faudrait pouvoir trouver l’origine du virus qui fera du futur un quasi no man’s land. Mais avouez que c’est délicat dans ces circonstances : traîner avec des fêlés, tenter de convaincre sa toubib que « non, venir du futur ne fait pas de vous un fou », et subir les aller-retours de voyages temporels erratiques. A mon avis, le petit James ne va pas tarder à nous faire une crise existentielle.

La réalité s’oppose généralement au songe et il est parfois compliqué de s’apercevoir qu’on se trouve dans un rêve. Mais qu’en est-il lorsque l’on doute de ses propres souvenirs, de sa propre réalité ? Eh bien on commence gentiment à devenir cinglé. Ou bien est-ce le contraire ? C’est peut-être parce qu’on a la tronche en carafe qu’on ne sait plus percevoir le réel ?

twelveTout ça semble assez perturbé et perturbant, et c’est dans ce flipper cérébral que L’armée des douze singes déploie ses troupes. Oscillant entre les différentes perceptions du réel, on en profitera pour critiquer autant les méfaits de l’Homme sur la planète, que le fanatisme des défenseurs de la Terre. Au final, tout le monde a tort et Terry Gilliam fait surtout ici un portrait de la fatalité. Le monde est ce qu’il est, et ce n’est pas parce que tu sais te téléporter avant l’invention de facebook que tu vas y changer quoi que ce soit.

Puisqu’il semblerait que rien ne puisse arrêter le cours des choses (même si on pouvait le remonter), peut-être ne vaut-il pas mieux ne rien faire.

A moins que ça ne soit le contraire…

 

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