ANGEL HEART d’Alan Parker (1986)

Proposé par Jeanba, rédigé par Phil.

“I have old-fashioned ideas about honour. An eye for an eye… stuff like that.”

Louis Cyphre dans Angel Heart.

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Par la présente, je soussigné Phil du Projet Skynet, certifie sur l’honneur avoir demandé ce jour à sceller un Pacte pour une durée plus ou moins indéterminée avec monsieur Lucifer.

Le sus-nommé Pacte stipule, d’une part, que monsieur Lucifer s’engage à exaucer l’ensemble de mes vœux dont les principaux sont les suivants :

  1. Ne pas vieillir.
  2. Devenir riche.
  3. Avoir le mojo à vie.
  4. Recevoir à Noël le circuit de voitures Hot Wheels que mes parents n’ont jamais voulu m’offrir quand j’étais petit.
  5. Obliger Jeanba du Projet Skynet à regarder (au moins) un film de Roman Polanski.

D’autre part, et après délibération entre les deux parties, Monsieur Lucifer s’engage également à rendre le sus-nommé Pacte valable pendant une durée minimum de 30 ans, période assez longue pour que je puisse bien en profiter quand même avant d’aller brûler en Enfer pour l’éternité.

En contrepartie, je m’engage solennellement à livrer mon âme sans discussion au terme de ladite durée minimum.

Fait pour valoir et ce que de droit.

Fait à Paris le 10 octobre 2014.

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Signer un pacte avec le Diable, voilà bien une connerie vers laquelle je ne m’aventurerais pas. Et pourtant, à l’occasion, j’aime bien en faire des conneries. J’aime bien en dire et en écrire aussi (je fais ce que je veux). Cela dit, j’ai quand même mes limites. Et là, ça va trop loin pour moi. Maintenant que j’y pense, j’espère d’ailleurs que ma petite blague d’introduction ne m’engage à rien avec quelque entité infernale que ce soit. Serait-ce la connerie de trop ?PDVD_0019

Bon, d’après ce que j’ai lu, tant que je ne signe rien avec mon sang, apparemment je peux rester serein. Tout de même, avec ce genre d’animal, mieux vaut se méfier. C’est que c’est un taquin, le mec ! Peut-être même qu’il s’est mis à Word depuis le temps, qui sait ? Bah, nous verrons bien… Et puis de toute façon, dans le pire des cas il se passe quoi ? Les trente années à venir seraient plutôt fun (surtout grâce à mon circuit Hot Wheels) et l’ami Jeanba materais enfin un Polanski. Le fait d’aller en Enfer pour que mon pote daigne enfin regarder Rosemary’s Baby (1968) est finalement assez ironique, vous ne trouvez pas ? Mais bon, je préfèrerais éviter… On va trouver une autre alternative, Jeanba. Fais un petit effort. Ce n’est qu’un simple petit film, que diable !

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Et c’est donc sur ce trait d’humour désopilant que je m’en vais maintenant vous parler du Diable d’Angel Heart. Parce que oui, si vous ne l’avez pas encore compris, ça va parler du Diable. Le premier truc qu’il me paraît important de préciser, c’est qu’en fait au début du film on sait pas vraiment encore que c’est le Diable. PDVD_0026Haha ! Je vous entends déjà : Philippe ! Salaud ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que j’te bute, sale en**** !” (régalez-vous, c’est cadeau !) Calmez-vous, les mecs. Je ne vous spoile rien du tout. Pas grand-chose du moins…

Dès les premières minutes, on se doute bien que le personnage campé par Robert De Niro n’est pas clair. Bon déjà, il s’appelle Louis Cyphre (prononcez “Louisse Saïfeure”), un nom se rapprochant quand même dangereusement de celui de Lucifer. Ensuite, il est beaucoup trop classe (costume, manucure, canne, attitude, etc.) et sûr de lui pour un mec donnant des rendez-vous dans des coins tout pourris d’Harlem (pléonasme ?). large_angel_heart_blu-ray1xQuand il engage le détective Harry Angel (Mickey Rourke) pour retrouver un mec avec qui il avait un “contrat”, ça commence à sérieusement sentir le coup fourré. Alors quand on découvre sa jolie bague avec un gros pentagramme dessus, là j’ai envie de te dire que c’est plié. Et encore, je ne te parle même pas de la “scène de l’œuf”… L’action se déroulant en 1955, on excusera tout de même Harry Angel de ne pas voir venir l’entourloupe machiavélique, même si elle est un peu grosse, voire grossière. A cette époque, le Black metal et son imagerie satanique n’existent pas encore et tout le monde ne connaît pas forcément la signification du pentagramme.

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Malgré ces signaux d’avertissement, Angel se lance tête baissée dans son enquête et part à la recherche d’un Faust moderne ayant voulu la faire à l’envers à Satan en personne (v’là la bonne idée).PDVD_0048 Bon ok, lui, il n’est pas au courant. Ce qui laisse d’ailleurs initialement planer quelques doutes quant à sa qualité de détective. Mais rapidement, le privé donne la preuve de ses aptitudes et se montre plutôt doué et très déterminé dès qu’il s’agit d’obtenir des infos. On a bien envie de lui crier “sois pas con, Angel, n’y va pas !”, mais il est déjà trop tard. Le Mal, omnipotent par nature, est désormais partout dans le film. C’est Lui qui tire les ficelles de son histoire, Lui qui s’insinue dans tous les recoins de son image. Il transforme tout. Le film ne semble plus appartenir ni à son réalisateur Alan Parker, ni à ses acteurs, ni à personne d’autre qu’au Mal. Satan le possède. angelheartSatan l’habite (désolé, j’ai pas pu résister)…

Si l’on croit tout d’abord avoir affaire à un polar noir citadin “classique” avec bouches d’égout fumantes, airs de sax typiques et détectives en impers, on se retrouve finalement à bouillir dans un gumbo de magie noire vaudou à base de blues du Mississippi et de poulets égorgés sans que l’on s’en soit vraiment rendu compte. Au fur et à mesure que le fil de cette enquête complexe se déroule au rythme des meurtres et de la rotation chaotique de ces p***** de ventilateurs, Mickey Rourke se change en un acteur lui aussi littéralement possédé. Il tient sans doute ici l’un de ses plus grands rôles de l’époque. Et franchement, c’est beau à voir !

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Et tandis que “l’Ange” maudit amorce doucement mais sûrement sa descente aux Enfers, ponctuée de superbes face-à-face avec le diabolique De Niro, les images semblent être filmées par le Diable en personne. A l’instar de cette incroyable scène récurrente dans l’ascenseur (qui descend, forcément) et de tous ces inquiétants mouvements métalliques, elles prennent un malin plaisir à jouer avec les ombres et créent des ambiances dantesques aussi pesantes et étouffantes que la moiteur tropicale de la Louisiane, ne laissant finalement présager que le pire. Un “pire” qui reste encore à découvrir…

Un mec plus ou moins handicapé qui s’appelait Verbal Kint a posé un jour cette pertinente question : “Comment tu tues le Diable ? D’une balle dans le dos ? Et si tu le rates, il se passe quoi..?”

Ben c’est simple, mec : faut pas le rater. Point barre. Parce Lui, il ne te ratera pas…

Allez, salut !

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Bande-annonce

Pour en savoir plus sur Angel Heart, c’est par ICI.

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