SLEEPY HOLLOW de Tim Burton (1999)

Proposé par Phil, rédigé par Jeanba.

– C’était un cavalier sans tête !

– Il ne faut pas vous exalter.

– Mais c’était un cavalier sans tête !

sleepy-hollow-projet-skynet

Dans la série des handicaps pas toujours faciles à assumer en société, Phil avait déjà traité le cas de John Merrick. Un type sympa mais dont le crâne patatoïde créa une certaine distance avec son entourage.

Ici, en 1799 aux Etats-Unis de l’Amérique, le légendaire cavalier sans tête fait son apparition et les habitants de Sleepy Hollow sont outrés. Et c’est bien normal ! Un type qui n’aurait pas de tête aurait surtout un sacré handicap. Notamment concernant le port du chapeau ou de la perruque, qui avouons-le, sont tout de même un must en cette toute fin de XVIIIe siècle.

2010-sleepy-hollow10De son vivant, le cavalier était un guerrier totalement cinglé qui se taillait les dents en pointe pour bien faire comprendre à tout le monde que sa seule motivation était le meurtre, surtout par décapitation. Mais chacun ses hobbies, on est pas là pour juger. Malheureusement pour lui, l’humour a ses limites, et les braves gens du coin décidèrent de séparer sa tête de son corps, histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce. Bien fait ! Non mais… Maintenant, le cavalier sans tête est devenu une légende et provoque l’effroi à chaque découverte de corps acéphales.

L’inspecteur Crane (aucun jeu de mot, c’est vraiment le nom du personnage), fraîchement débarqué de NY, va pouvoir éprouver ses talents d’enquêteur à démêler le vrai du folklorique. Parce que, soyons sérieux deux minutes, c’est pas à un cartésien qu’on va essayer de faire avaler des histoires de fantôme tueur, qui plus est sans tête !

2010-sleepy-hollow14

Sleepy Hollow paraît être un Tim Burton tout à fait standard : un univers sombre habité par l’étrange et saupoudré d’une pointe d’humour qui ramène le tout dans le fantastique plus que dans l’horreur. Mais finalement pas tant que ça. Il semblerait que cette fois on plonge un peu plus dans le malaise. Le sang fait son apparition (parfois sortant par hectolitres d’une vierge de fer) et la violence ne se prive pas d’être largement étalée à l’écran. Allez, on coupe des têtes à volonté, sans complexe et on rajoute même un petit côté ludique à tous les meurtres ! Une violence carrément assumée, où l’on sous-entend très clairement la décapitation d’un gamin de 4 ou 5 ans… Quand même ! Dis donc c’est méchant ça, Tim. Un message à faire passer à ton plus jeune public, peut-être ? Rajoutez à ça de vrais moments de tension horrifique et vous obtenez une jolie perle noire burtonienne. Avec comme très souvent Johnny Depp-Burton (il a pris les deux noms depuis son adoption), parfait devant la caméra bienveillante de son vieux poto.

2010-sleepy-hollow4On notera l’apparition machiavélique et totalement silencieuse d’un terrifiant Christopher Walken, d’ailleurs tellement mauvais cavalier que ses scènes furent tournées sur un cheval mécanique… Un peu boulet le Christopher sur ce coup. On comprend donc pourquoi, dès que le cavalier apparaît sans tête à l’écran, on fasse appel à des cascadeurs pour l’interpréter. Et notamment Ray Park, le très fameux Darth Maul dans le premier épisode de Star Wars. D’où les superbes enchaînements au sabre, type « j’suis une star à Fruit Ninja, viens pas m’chercher, mec ! »

Thématique récurrente chez Burton, la question des apparences. Et plus spécifiquement ici, leur inclinaison à troubler la vision de la vérité. Car tout le film mélange l’illusion au réel, et s’amuse à égarer le spectateur dans ses réflexions et ses prédictions. Les personnages sont parfois bien plus denses qu’on avait voulu les présenter, les idées rationnelles sont parfois balayées par la vraie magie, et la magie n’est parfois qu’illusion.

Sombre, léger, angoissant et fantastique, Sleepy Hollow est un mélange parfaitement dosé. Comme la pièce a ses faces, il possède des caractères contraires mais savamment imbriqués, laissant un goût d’étrange mais jamais de grotesque.

Vivement la prochaine projection…Encore !

1152x864

bande-annonce

Et un peu pus par ICI.

Plus de lecture ?

Tagged , , , , , , ,

One thought on “SLEEPY HOLLOW de Tim Burton (1999)

  1. Un Burton que je n’ai pas vu depuis très longtemps mais qui renvoie l’image d’un cinéaste encore vif, enchanteur et plein d’idées. Ce qu’il n’est plus vraisemblablement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *